The Map of Tiny Perfect Things: d’une adorable légèreté

S’il y a un point positif à la pandémie, c’est qu’elle nous permet de découvrir des films qui, autrement, auraient passé totalement sous le radar entre deux superproductions. C’est certainement le cas de The Map of Tiny Perfect Things (Amazon Prime), une oeuvre d’une réconfortante légèreté.

Dans le film du nouveau venu Ian Samuels, ont fait la connaissance de Mark (Kyle Allen) un adolescent qui revit constamment la même journée.

Quoi que Mark fasse (courtiser une jeune fille, discuter avec son meilleur ami, dessiner des superhéros), tout est toujours à recommencer le lendemain.

Un jour, Mark réalise à sa grande surprise qu’il n’est le seul citoyen conscient d’être coincé dans une boucle temporelle. Margaret (Kathryn Newton) revit elle aussi la même journée.

Les deux jeunes gens se lient d’amitié. Le hic, c’est que Mark souhaite s’extirper de la boucle temporelle alors que Margaret s’y sent confortable.

Afin de passer le temps, ils s’entendent donc sur une chose qui les passionne tous les deux: dresser la liste des petites choses «parfaites» de leur quotidien afin de mieux les apprécier.

Cette liste aura un impact majeur sur la suite des choses…

Variation sur un même thème

Il devient difficile, de nos jours, de tourner un film sur une irrégularité temporelle sans se faire comparer à Groundhog Day.

Le cinéaste Samuels en est conscient et joue le jeu, faisant référence au moins deux fois au classique de 1993 qui met en vedette l’inimitable Bill Murray.

Dire que The Map of Tiny Perfect Things innove dans le genre serait exagéré. Disons plutôt qu’il s’agit d’une variation sur un même thème.

Ce que le film propose, c’est une comédie romantique empreinte de philosophie, une réflexion sur la vie en général, le temps, les regrets.

Malgré la légèreté apparente de son scénario, c’est aussi un film qui a beaucoup de profondeur et qui démontre qu’il est possible de tourner une comédie romantique originale qui a une âme.

C’est par son humour intelligent que The Map of Tiny Perfect Things se démarque. Il repose entièrement sur une complicité entre Allen et Newton qui ne pourrait pas être plus parfaite.

Newton, qui ne m’avait pas impressionné dans Freaky (2020) et m’avait énormément déçu dans Pokémon Detective Pikachu (2019) offre ici la meilleure performance de sa carrière.

On dit des meilleurs livres que ce sont ceux qu’on ne souhaite jamais terminer. La même chose s’applique aux films, notamment à The Map of Tiny Perfect Things, une oeuvre absolument adorable.

(Quatre étoiles sur cinq)

 

Animals on the Loose: un film dont vous êtes le cerveau

Quand j’étais enfant, j’étais passionné de livres dont vous êtes le héros. Trente ans plus tard, le concept s’implante tranquillement au cinéma. Non sans heurts, toutefois.
Le premier film interactif pour adultes à avoir été lancé sur Netflix fut le limité Black Mirror: Bandersnatch, en décembre 2018.

Environ quatre mois plus tard, You vs Wild a suivi. On y accompagnait l’aventurier britannique Bear Grylis dans une mission dans certains des lieux les plus dangereux de la planète.

Mis en ligne il y a quelques jours, Animals on the Loose est coulé dans le même moule.

On y suit encore une fois Grylis, cette fois, dans la savane africaine, où des animaux en liberté sont à la fois dangereux et en danger.

Par exemple, un lion s’est échappé d’un enclos et Grylis doit le capturer avant que l’animal cause un carnage.

Dans cette mission, l’aventurier nous met face à plusieurs choix (par exemple, sur la façon de s’approcher du lion). Grylis agit ensuite en fonction de l’option choisie par le spectateur.

Parmi les autres missions, notons le sauvetage d’un singe et la remise sous tensions d’une station électrique. Chacune des missions s’accompagne de trois ou quatre «embranchements» au cours desquels le spectateur est appelé à intervenir et à modifier le cours de l’aventure.

Limité

J’ai consacré environ une heure de mon temps à Animals on the Loose, un soir cette semaine. J’ai exploré en profondeur pour voir toutes les options possibles.

Et la vérité, c’est que les scénarios différents qu’il est possible d’explorer sont assez limités.

Par exemple, si vous choisissez telle option, votre parcours ne sera pas beaucoup différent que si vous aviez choisi l’autre option disponible. Parfois, la décision que vous prenez n’a même aucun impact.

C’est compréhensible quand on sait à quel point tourner des images peut être onéreux. Reste qu’un peu plus de diversité et de surprises n’auraient pas fait de tort.

L’autre truc qui m’a un peu dérangé, c’est que si on écoute bien ce que nous dit Grylis, il est impossible de faire le «mauvais» choix.

Il va par exemple nous expliquer qu’attacher sa corde à un arbre est plus sécuritaire que de le faire à un rocher, pour ensuite nous demander quelle option on choisit. Pour la subtilité, on repassera…

Reste que l’expérience est amusante, à défaut d’être passionnante. Grylis n’est pas le meilleur comédien – loin de là – et les images n’ont rien d’éclatantes. Mais au moins, le concept a le mérite d’être différent.

(Deux étoiles et demi)