Consultations publiques et pandémie

Dans nos démocraties représentatives où se sont les élus qui sont appelés en dernier lieu à prendre des décisions pour l’ensemble des citoyens, est-il nécessaire d’avoir recours à des consultations publiques?

Notre culture politique moderne veut que nos dirigeants politiques soient à l’écoute de la population et des groupes d’intérêts lorsqu’il s’agit d’adopter des politiques publiques. L’époque des décisions derrière des portes closes est révolue. Il est important d’élargir le débat au plus grand nombre possible afin que plusieurs voix puissent se faire entendre.

Les consultations publiques peuvent prendre plusieurs formes tels les élections, les sondages, les audiences et les enquêtes publiques, les référendums, les comités consultatifs, et les panels de citoyens. On peut y ajouter des livres verts qui débouchent habituellement sur des livres blancs.  De toutes ces méthodes de consultation, ce sont les élections et les référendums où les citoyens détiennent un véritable pouvoir de décision.

Le gouvernement de Blaine Higgs avec maintenant sa majorité dans la poche est-il sincère lorsqu’il veut inviter la population de la province à participer à des consultations publiques concernant ses projets de réformes en santé et en matière de gouvernance locale? Pour l’opposition officielle, Blaine Higgs aurait un agenda secret et ses consultations publiques ne seraient que de la poudre aux yeux. La méfiance est également au rendez-vous avec d’autres groupes d’intérêts.

Les discours des partis d’opposition et de certains groupes d’intérêts sont empreints de contradictions au sujet de la nécessité de tenir des consultations publiques avant de prendre des décisions importantes pour la population. Pour certains, il est inacceptable que le processus de révision de la Loi sur les langues officielles se fassent derrière des portes closes. La transparence devrait primer même en temps de pandémie.

Lorsqu’il s’agit des consultations pour les réformes en santé, le tout devrait être mis sur la glace en raison de la COVID-19. Les nouvelles technologies qui sont au cœur de notre fonctionnement comme société dans ces temps de pandémie ne seraient pas adéquates pour mener de véritables consultations. Les citoyens auraient également la tête ailleurs.

Il serait fort étonnant que lorsque la pandémie sera derrière nous, nos pratiques sociales retournent à la «normale». Le travail à distance ne va pas disparaître complètement et les réunions virtuelles seront toujours des options valables. Il en va de même des consultations publiques.

Tant les questions de la santé, de la gouvernance locale et des langues officielles sont des enjeux importants pour notre province. La pandémie de la COVID-19 ne devrait pas être un prétexte pour reporter aux calendes grecs les débats autour de ces sujets. Lorsque les électeurs seront appelés aux urnes en 2024, ils devront porter un jugement sur les quatre années du gouvernement Higgs. Ça sera l’ultime consultation publique.

On peut noter que la pandémie n’a pas empêché nos voisins américains de voter de manière massive lors des élections présidentielles et législatives de novembre. C’est une des plus importantes participations électorales de l’histoire de ce pays.