Et le perdant est?

S’il est une chose que je déteste c’est bien l’habitude de la blague newfie, celle qui immanquablement tourne en ridicule mes compatriotes. Pourtant, je dois l’avouer, dans le domaine de la blague on ne fait pas mieux que notre campagne électorale provinciale qui prend fin officiellement ce vendredi. Prolongation sur prolongation, passage au vote exclusif par la poste, ça n’a été que confusion, contradiction, ridicule, et non-respect de la loi électorale, sur toute la ligne.

On nous promet – peut-on y croire? – les résultats, samedi 27 mars, à midi. Si cette promesse est tenue, on saura donc, après 10 semaines et 1 jour d’une campagne qui ne devait durer que 28 jours, qui formera le nouveau gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador.

Mais pour combien de temps? Élections NL confirme en effet qu’en additionnant les électeurs qui avaient déjà voté avant le confinement et les demandes de bulletin de vote par la poste, le maximum possible de votes exprimés ne dépassera pas 51%. Il y a fort à parier que le pourcentage n’atteindra même pas les 50%. Entre la difficulté à demander et à recevoir son bulletin de vote, la lenteur de la poste et le désintérêt quasi complet d’un électorat plus préoccupé par la COVID-19 que par la politique, il est tout à fait probable que plus de la moitié des électeurs n’ont pas voté. Dans ce cas, quelle pourra être la valeur du résultat de samedi? Et comment les partis d’opposition ne le contesteraient-ils pas?

C’est donc une histoire à suivre! Mais si je reparle de cette interminable élection aujourd’hui, c’est qu’elle fait office de mise en garde alors qu’on annonce une possible troisième vague virale dans certains endroits du Nouveau-Brunswick. Souvenons-nous que toute cette débâcle a été causée par une chose, une seule: le variant britannique! C’est lui qui, le 8 février dernier, a forcé toute la province en un confinement qui ne va s’alléger que samedi 27 mars, juste à temps pour le résultat des élections.

La vitesse à laquelle ce variant s’est répandu dans ma province donne à réfléchir et appelle, plus que jamais et malgré les vaccins, à la plus grande prudence.