Boss Level: quand un film ne se prend pas au sérieux

Qu’obtenez-vous si vous mélangez John Wick, Taken, Kill Bill et Edge of Tomorrow dans un film qui ne se prend pas au sérieux? La réponse: Boss Level (en location).

Roy (Frank Grillo) est un ancien soldat.

Chaque fois qu’il se réveille, il vit la même journée: des assassins sont à sa poursuite et tentent de l’éliminer.

À force de constamment revivre les mêmes événements, Roy parvient petit à petit à déjouer ses ennemis.

Le problème, c’est qu’il ignore totalement pourquoi on tente de l’éliminer et ce qu’il doit faire pour que ça cesse.

Le travail de son ex-femme (Naomi Watts) dans le milieu de la science pourrait-il être mêlé à sa situation? À moins que ce soit le patron de celle-ci, Clive Ventor (Mel Gibson), qui ait une dent contre lui?

Du bon

Dès sa première seconde, avec ses infographies en 8 bits, Boss Level met la table: ce film est une parodie des jeux vidéos d’époque.

Et le réalisateur Joe Carnahan (Smokin’ Aces, The A-Team) s’en donne à coeur joie avec 15 minutes consécutives de cascades, de poursuite de voitures et d’explosions.

Les amateurs de la franchise Fast and the Furious vont adorer!

Grillo – que l’on a vu dans quelques films de l’univers Marvel dans un rôle tertiaire – joue le jeu à fond. Il multiplie les one-liners arrogants et les poses victorieuses, à l’image d’un héros de jeu vidéo.

En fait, le comédien d’origine italienne montre un joyeux côté humoristique qu’on ne lui soupçonnait pas.

Si le deuxième acte du film laisse à désirer – j’y reviendrai – il se reprend de belle façon dans sa dernière demi-heure avec un retour à l’action dans un concept qui n’est pas sans rappeler Sin City (2005).

On a aussi droit à un très bon Mel Gibson dans une espèce de parodie du méchant qu’il a combattu dans tant de films des années 1980.

En prime, les scénaristes nous offrent quelques moments de réflexion à la toute fin.

Du moins bon

Il en demeure que Boss Level est un divertissement intéressant… à condition d’accepter sa prémisse.

Il est clair que l’explication du syndrome de la journée répétée défie toute logique. L’objectif de l’épopée du héros est quant à elle flou.

Comme je le disais, le deuxième acte est long et verbeux. Je ne serais pas surpris que plusieurs cinéphiles décrochent face à cette trentaine de minutes où le film oublie qu’il ne se prend pas au sérieux.

Je vous encourage toutefois à persévérer. Dans le style, Boss Level est un film qui nous en donne un peu plus que ce à quoi on s’attendrait.

(Trois étoiles sur cinq)

 

Deadly Illusions: un incommensurable navet 

Je ne pourrais pas être plus clair: ne perdez pas votre précieux temps à écouter Deadly Illusions (Netflix). Ce triste mélange de thrillers psychologique et érotique qui met en scène Kristin Davis (l’inoubliable Charlotte dans Sex and the City) est un incommensurable navet.

Mary Morrisson (Davis) est une écrivaine qui n’a pas pris la plume depuis plusieurs années.

Un jour, sa maison d’édition lui propose une avance mirobolante pour pondre un autre tome de sa série à succès.

Mary est réticente. Elle aime s’occuper de ses enfants et ne se sent pas véritablement inspirée.

Un mauvais pari financier de son mari (Dermot Mulroney) forcera toutefois Mary a se replonger dans l’écriture.

Mais elle doit d’abord embaucher une nounou pour ses enfants. Poste qu’elle accorde à Grace (Greer Grammer), une jeune femme innocente qui semble parfaite pour le poste.

Lentement, Mary commence à éprouver de l’attirance pour Grace, ce qui stimule énormément son écriture. Jusqu’à ce que les frontières entre la fiction et la réalité commencent à devenir très floues…

Digne de Harlequin

Vous connaissez probablement les romans Harlequin, c’est petit livre à l’eau de rose où le récit bâclé n’est qu’un prétexte pour intégrer des scènes sulfureuses d’amour et de séduction?

Et bien, Deadly Illusions est l’équivalent cinématographique d’un roman Harlequin – ce qui est loin d’être un compliment.

Ce film déborde de calories vides. Son scénario est une succession de non-sens – par exemple, une femme soupçonnée de meurtre quitte le poste de police sans difficulté en plein coeur de son interrogatoire!

Les scènes présumément érotiques sont totalement gratuites et, une fois le visionnement du film terminé, on se rend compte qu’elles étaient inutiles au récit.

Tout dans cette oeuvre d’Anna Elizabeth James manque de raffinement, que ce soit la musique, les décors, les dialogues, le rythme, l’intrigue ou le jeu des comédiens.

Parlant de comédiens, je m’explique mal comment Davis, qui joue très peu depuis dix ans, a choisi de s’associer à un tel navet.

Son jeu est correct, mais elle doit donner la réplique à Greer Grammer, dont le jeu, dans le dernier acte, est totalement indigne d’une comédienne soi-disant professionnelle.

Deadly Illusion est donc un film à éviter à tout prix. Je sais, je me répète. Mais je tiens absolument à être clair!

(Une étoile sur cinq)