Virus + vaccin = confusion

J’entendais le premier ministre Trudeau nous répéter de nous laver les mains. Oui, notre belle société développée en est là: devoir se faire redire et redire par un premier ministre de se laver les mains. Je ne sais plus que penser de tout ça.

Je ne critique pas le premier ministre. Au contraire, je le plains. Me semble qu’il doit avoir tellement d’autres chats à fouetter. (Oups, j’offre mes plus sincères excuses aux amoureux des chats, aux animaleries ainsi qu’aux organismes qui militent pour la défense des animaux.)

Je viens d’écouter un énième point de presse du gouvernement fédéral. Après l’intervention du premier ministre, différents spécialistes de la santé ont pris le micro pour nous livrer, entre autres, les dernières statistiques et les dates des arrivages de doses de vaccin. Quarante millions de doses prévues pour la fin juin. Yéé?

En ce qui a trait à l’éléphant dans la pièce, c’est-à-dire, les cafouillages entourant le vaccin AstraZeneca, les infos livrées étaient plus techniques et plus discrètes. Bref: comprenne qui peut!

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Cela dit, on essaie de nous rassurer au sujet de ce vaccin AstraZeneca. Évidemment, on ne peut tout simplement pas imaginer qu’un gouvernement prendrait le risque d’aggraver les dangers de la pandémie en permettant la distribution d’un vaccin défectueux.

Mais on peut quand même se poser une question: est-ce à cause d’une pénurie d’autres vaccins moins problématiques (et plus chers) qu’on s’entête à nous en offrir un qui cause problème? Et surtout, qui inquiète plus qu’il ne rassure.

Je ne m’explique pas que Santé Canada et les ministères provinciaux de la Santé ne décrètent tout simplement pas un moratoire sur la distribution de ce vaccin jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur ses lacunes et ses effets indésirables. Ou ses possibles bienfaits!

Ce n’est pas comme s’il n’existait aucun autre vaccin disponible. Johnson & Johnson en annonce un, et il y a toujours le Spoutnik russe…

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Le premier ministre Trudeau disait que le meilleur vaccin, c’est le premier qu’on peut avoir.

Pas sûr que ce soit la meilleure approche! Certes, les gouvernements veulent notre bien et ils ont hâte que la population soit vaccinée. Ils veulent aussi se faire rassurants et c’est pourquoi ils minimisent la problématique AstraZeneca.

Mais problématique il y a, qu’on le veuille ou non. Par exemple, il y a quelques mois, certains pays recommandaient de ne PAS administrer ce vaccin aux personnes de plus de 65 ans. Puis, on est revenu sur cette recommandation.

Maintenant, c’est aux personnes de moins de 55 ans qu’on recommande de ne pas le donner!

Comment les gouvernements et les autorités de la santé peuvent-ils croire que ces informations contradictoires ne portent pas à confusion?

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Et cette confusion n’est pas nouvelle. Elle est alimentée par les différents cafouillages qui ont eu lieu depuis l’apparition de la pandémie et qui ont ébranlé la confiance de la population.

Qu’on se souvienne de la saga des masques! Au début, les autorités insistaient qu’ils n’étaient pas nécessaires, et c’était en fait pour cacher le fait qu’on ne disposait pas de masques… Et c’est comme ça depuis un an: les contradictions succèdent aux contradictions.

Dans tel endroit, on ouvre les écoles, tandis qu’on les ferme ailleurs. Idem pour les restaurants, les lieux de culte, les gyms, les sports intérieurs ou extérieurs, les activités artistiques, les rassemblements de six, ou dix, ou plus, ou moins de personnes. On ne s’y retrouve plus!

En outre, l’arrivée des variants, même si elle était à prévoir dès le début, vient compliquer les recommandations sanitaires et les stratégies d’éradication.

Ce qui n’empêche pas les premiers ministres et les autorités de la santé de se féliciter de leur haute compétence anti-pandémie. À les entendre, ils n’ont fait absolument aucune erreur depuis le début de la pandémie. Euh…bravo?

Entre-temps, les médias, eux, ne cessent de nous alarmer sur les problèmes de santé mentale que causent les mesures, parfois incohérentes, adoptées par les gouvernements.

Comment s’y retrouver? C’est aussi compliqué que de trouver des œufs de Pâques sous l’arbre de Noël!

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Bon, en me relisant je me demande si je ne contribue pas moi-même à énerver tout le monde en examinant la manière dont nos premiers ministres et nos gouvernements gèrent la pandémie. Et particulièrement, la communication liée à la pandémie.

Loin de moi l’idée de leur jeter la pierre. Bien au contraire. Je ne peux que constater que nos dirigeants sont, comme nous, à la merci des développements quotidiens face au mozusse de virus et à la gestion de la pandémie. Ils marchent à tâtons.

Mais au lieu de toujours jouer franc jeu avec nous, ils procèdent par allusions, ellipses, euphémismes et autres petites retentions d’information «pour notre bien »… et je trouve ça infantilisant. La langue de bois bureaucratique triomphe!

On nage suffisamment dans le vide avec ce virus et cette pandémie, et surtout sur la longueur du tunnel qu’il nous reste à franchir avant d’atteindre la lumière du lampion qui clignote au bout du tunnel, pour exiger de nos dirigeants des réponses claires quand ils en ont, et des explications rationnelles quand ils n’en ont pas!

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En passant, je suis tombé sur une caricature, en fait un «mème internet» qui circule sur Facebook, qui montre Batman (personnifiant le Niou-Brunswick) assénant une vilaine gifle à son petit ami Robin (incarnant Edmundston).

Edmundston a déjà eu plus que sa part de problème avec la pandémie. Actuellement, sur les 126 cas actifs recensés dans la province, 100 sont dans cette zone. La population d’Edmundston est déjà suffisamment éprouvée sans qu’un stupide mème vienne la stigmatiser en la rendant subitement coupable de répandre la COVID-19.

Je sais qu’il y a dans la région des anti-masques, mais de là à suggérer la violence contre toute une population à cause de cela, je trouve ça dégueulasse.

L’heure est à la solidarité, atlantique et mondiale, pas à une chasse aux sorcières qui cache mal sa francophobie de surcroît! Basta!

Han, Madame?