Jeffrey Viel dans un groupe sélect

Vous vous en doutez bien, pour atteindre la Ligue nationale de hockey ça prend souvent beaucoup plus que du talent. Il faut aussi du courage et de la persévérance. Où si vous préférez, une sacrée tête de cochon comme nos parents aimaient nous dire quand, à l’enfance, nous nous entêtions à faire des trucs impossibles.

Lundi soir, Jeffrey Viel a vu ses efforts récompensés en devenant le 19e ex-porte-couleurs du Titan d’Acadie-Bathurst à disputer un match dans la LNH.

Parce que s’il y a un joueur qui a été persévérant parmi les anciens de l’équipe qui ont réussi l’exploit, c’est bien l’ex-capitaine, dont le rôle dans la conquête de la coupe Memorial de 2018 restera à jamais gravé dans la mémoire des partisans du Titan.

Viel est d’ailleurs le seul des 19 chanceux qui n’a pas été repêché par une équipe de la meilleure ligue au monde. Ce n’est pas rien.

Et devinez quoi, pour ce premier match, Viel s’est assuré de faire comprendre à la planète hockey pourquoi il était considéré un attaquant de puissance en servant une correction à Luke Johnson, du Wild du Minnesota.

Toutefois, ce que je retiens davantage de cette première partie, c’est cette image de Viel assis au banc des joueurs juste à côté de Patrick Marleau, un futur membre du Temple de la renommée et deuxième joueur réclamé lors de l’encan de 1997.

Ça me parle beaucoup cette photo. Ça me dit, surtout, que tous les chemins peuvent mener à la LNH. Il s’agit juste d’y croire.

Les autres anciens du Titan qui ont évolué dans la LNH sont Roberto Luongo, Jonathan Girard, François Beauchemin, Ramzi Abid, Ryan Flinn, Simon Lajeunesse, Janis Sprukts, Jean-Philippe Côté, Mathieu Carle, Bruno Gervais, Jonathan Ferland, Patrick Bordeleau, Patrice Bergeron, Mathieu Perreault, Giovanni Fiore, Guillaume Brisebois, German Rubtsov et Noah Dobson.

Bien hâte de voir maintenant qui sera le 20e?

Antoine Morand? Daniil Miromanov? Samuel Asselin? Cole Huckins? Riley Kidney? Jan Bednar? Shawn Élément? Un autre joueur?

Et vous, quel est votre choix?

Grand comme un Lurette

Contrairement à ce que la nouvelle acquisition de l’équipe de soccer des Aigles Bleus de l’Université de Moncton Zachary Ouellette m’a raconté mardi, il est bel et bien parent avec les hockeyeurs Pierre-Luc Lurette et Francis Thibeault.

C’est le papa de Zachary, Jacques, qui m’a confirmé la chose. Jacques, lui-même un ancien porte-couleurs du Bleu et Or, m’a révélé que les arrière-grands-parents des trois athlètes, Honoré et John Lurette, étaient des frères.

Honoré et John, évidemment deux solides gaillards, avaient aussi la particularité d’être des bûcherons. Ça n’a rien d’étonnant. J’ose à peine imaginer la grosseur des mains que devaient avoir ces deux bonhommes.

Tout ça pour dire que Zachary est finalement un petit cousin de Pierre-Luc et Francis.

Vous commencez à me connaître, je n’ai pas pu m’empêcher de taquiner Jacques au sujet de la taille des Lurette.

Zachary fait 6 pieds 4 pouces, alors que Pierre-Luc et Francis, dont la maman est une Lurette, mesurent respectivement 6 pieds 3 pouces et 6 pieds 2 pouces. De quoi donner un torticolis en les fixant dans les yeux.

Mais quand Jacques m’a fait savoir qu’il ne mesurait que 6 pieds, je lui ai aussitôt rétorqué qu’il était donc la personne de petite taille de la famille.

Blague à part, vous aurez compris que les Lurette du Restigouche sont du «grand monde».

Les échanges ratés

Saviez-vous que deux anciens membres de la première conquête de la coupe du Président du Titan, au printemps de 1999, ont été impliqués dans des transactions qui sont aujourd’hui considérées parmi les plus mauvaises dans l’histoire de la LNH?

Le 24 juin 2000, le d.g. des Islanders de New York Mike Milbury, parce qu’il envisageait de sélectionner au tout premier rang le gardien Rick DiPietro dès le lendemain matin au repêchage annuel, est victime d’une crampe au cerveau.

Il échange Roberto Luongo et Olli Jokinen aux Panthers de la Floride, alors que Mark Parrish et Oleg Kvasha font le chemin inverse.

Si Parrish et Kvasha ont eu d’honnêtes carrières, ils n’ont toutefois jamais même été à la cheville de Luongo et Jokinen, qui figurent aujourd’hui dans le top-5 des plus grands joueurs dans l’histoire de la concession des Panthères.

J’ouvre ici une petite parenthèse, question de vous prouver que tout finit toujours par être reliés. Jokinen et Luongo ont été les troisième et quatrième joueurs réclamés lors du repêchage de 1997, tout juste derrière Patrick Marleau dont je vous ai parlé en début de chronique.

Je ferme la parenthèse.

Cela dit, ça va prendre bien plus que ça pour battre la transaction du 22 mai 1970 entre les Canadiens de Montréal et les Golden Seals de la Californie, au lendemain de la sortie du célèbre film de fesses québécois Deux femmes en or, qui mettait en vedette les ravissantes Monique Mercure et Louise Turcot.

Ce jour-là, le fin renard Sam Pollock cède aux pauvres «Phoques d’Or» le modeste attaquant Ernie Hicke et un choix de première ronde en 1970, qui deviendra le très oubliable Chris Oddleifson. Pollock obtient en retour un jeune défenseur prometteur appelé François Lacombe, qui deviendra 28 ans plus tard l’entraîneur adjoint du Titan, une somme d’argent dont on ignore le chiffre et la première sélection des Seals en 1971.

Un an et quelques jours plus tard, cette première sélection aura un nom: Guy Lafleur.

Pour la petite histoire, sachez que neuf jours avant cette fameuse transaction de Pollock, l’Acadien Red Ouellette a remporté la Coupe Calder avec les Bisons de Buffalo, après avoir aidé son équipe à éliminer en finale les Kings de Springfield. Un autre Néo-Brunswickois faisait aussi partie de l’équipe de Buffalo, le robuste Forbes Kennedy.

Et tandis que j’y suis, en faisant ma recherche sur les pires transactions de l’histoire, je suis tombé sur un autre troc qui va intéresser les partisans du Titan.

J’ai ainsi découvert que le 29 janvier 1993, l’actuel directeur général de l’équipe, Sylvain Couturier, a été échangé aux Red Wings de Détroit en compagnie de Paul Coffey et Jim Hiller. Les Kings de Los Angeles ont acquis de leur côté Jimmy Carson, Marc Potvin et Gary Shuchuk.

Avouez que vous ne pensiez pas en apprendre autant sur le hockey aujourd’hui.