Qui finance les candidats aux élections municipales?

Les élections municipales de mai prochain vont encore une fois se dérouler sous le signe de la non-transparence. Selon Élections Nouveau-Brunswick: «Les candidats aux élections municipales peuvent dépenser le montant qu’ils désirent pour leurs campagnes. Ils ne sont pas tenus de remplir une déclaration des dons reçus ou des fonds dépensés.»

Pourtant, la Loi sur les élections municipales a été amendée en 2018 à l’initiative du gouvernement libéral de Brian Gallant pour stipuler que le lieutenant-gouverneur en conseil, c’est-à-dire le conseil des ministres, pouvait par règlement «prévoir des dispositions concernant les dépenses qui peuvent être engagées, les contributions qui peuvent être versées et le financement qui peut être octroyé – et par qui – dans le cadre d’une élection générale, d’une élection complémentaire ou de premières élections qui sont tenues dans une municipalité, y compris tant la fixation de plafonds ou l’imposition d’autres restrictions à l’égard de ces dépenses, de ces contributions ou de ce financement que l’établissement d’exigences en matière d’inscription de candidats et de communication de renseignements à l’égard des dépenses, des contributions ou du financement.»

Pourquoi les progressistes conservateurs de Blaine Higgs qui ont succédé au pouvoir les libéraux de Brian Gallant n’ont pas encore à ce jour adopté un règlement pour encadrer les contributions et les dépenses des candidats aux élections municipales? Comme les élections municipales prévues en 2020 ont été repoussées en raison de la COVID-19, le gouvernement Higgs a disposé de tout le temps nécessaire pour adopter le règlement permis par la Loi sur les municipalités.

Dans un mémoire présenté en 2013 concernant le renouveau législatif sur le plan municipal, l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick avait fait plusieurs recommandations pour assainir les pratiques électorales lors des élections municipales.

Une recommandation demandait de «prévoir un plafond maximum pour les contributions d’un individu et d’une corporation à la campagne électorale d’un candidat. » Une autre stipulait que « chaque candidat doit dévoiler publiquement un rapport de ses dépenses électorales ainsi que la liste des contributeurs de plus de 50 $.»

Les gouvernements successifs progressistes-conservateurs et libéraux ont choisi d’ignorer les recommandations de l’Association francophone des municipalités afin que le monde municipal puisse fonctionner dans une plus grande transparence. C’est inacceptable! Pourquoi ne pas soumettre aux mêmes règles les candidats aux élections municipales que ceux aux élections provinciales?

Les candidats qui seront élus conseillers municipaux ou maires en mai prochain vont prendre des décisions importantes ayant des répercussions financières. Les grandes villes de la province brassent des centaines de millions de dollars. Il est d’intérêt public de savoir qui finance les campagnes électorales des candidats et à quelle hauteur?

En l’absence de règles qui obligent la transparence des candidats aux prochaines élections municipales, ces derniers devraient de manière volontaire dévoiler comme le recommande l’Association francophone des municipalités leurs bailleurs de fonds. Ceux qui refusent la transparence devraient s’expliquer. Les électeurs pourront tenir compte de leurs réponses lorsqu’ils déposeront leurs bulletins de vote dans les urnes.