Affaire Ngola: des documents accablants

La saga Ngola a pris de l’ampleur récemment lorsque les avocats du Dr Jean Robert Ngola ont rendu public une requête auprès de la Cour provinciale de Campbellton pour que la province leur remettre une série de documents. Les documents visés concernent le Cabinet du premier ministre, le ministère de la Sécurité publique et le Réseau de santé Vitalité.

Les avocats du Dr Ngola disposent déjà de documents accablants qui, selon ces derniers, montrent que le premier ministre lui-même de concert avec de hauts fonctionnaires de la Sécurité publique et de la GRC «se sont engagés dans une campagne orchestrée visant à identifier et cibler un professionnel de la santé racialisé pour l’avancement de leurs relations publiques et pour obtenir des avantages politiques». De plus, ils auraient court-circuité les autorités légitimes responsables de la pandémie à savoir la Régie de la santé du Nouveau-Brunswick.

Nous sommes en présence ici d’accusations très graves qui si elles sont prouvées devant les tribunaux pourraient s’avérer compromettantes pour Blaine Higgs et la haute direction de la GRC basée à Fredericton. C’est le premier ministre Higgs qui lors d’un point de presse le 28 mai 2020 informait la population du Nouveau-Brunswick que les cas de COVID-19 dans le Restigouche étaient l’œuvre d’une personne irresponsable travaillant dans le domaine de la santé à Campbellton. Il annonçait par la même occasion qu’il allait demander à la GRC de mener une enquête à ce sujet.

Très rapidement, le nom du Dr Ngola a commencé à circuler dans les médias sociaux comme étant cette personne irresponsable. Devant les menaces visant sa sécurité et celle de sa fillette, il a demandé une protection policière qui lui a été accordée.

Les documents des avocats du Dr Ngola révèlent qu’une Force d’intervention Ngola a été mise en place par la GRC avec une vingtaine d’agents chargés d’enquêter sur des gestes potentiellement criminels de la part du Dr Ngola. Très rapidement les enquêteurs ont rencontré un mur en la personne de la Dre Marianne Paquette, médecin-chef responsable du Service de la santé publique du Restigouche. Celle-ci refuse de coopérer avec la GRC sans un mandat judiciaire. De plus, elle estime qu’il n’est pas nécessaire de porter une plainte à l’endroit du Dr Ngola.

Comme la GRC devait recevoir une plainte pour mener son enquête, un haut fonctionnaire de la Sécurité publique va demander au PDG du Réseau de santé Vitalité, Gilles Lanteigne, d’en déposer une. Malgré tout ce branle-bas de combat déclenché et dirigé au plus niveau de la hiérarchie politique, aucune accusation criminelle ne sera déposée contre le Dr Ngola qui recevra plutôt une amende pour ne pas avoir respecter les consignes de la quarantaine relatives à la COVID-19.

Blaine Higgs devrait comprendre que son pouvoir n’est pas sans limites. Nous sommes dans un État de droit et un premier ministre ne saurait utiliser la police et la fonction publique pour parvenir à ses fins.

Cette saga pourrait être très coûteuse pour les payeurs de taxes.