L’heure d’innover

«Si on n’est pas anarchiste à 18 ans, on n’aura pas le courage à 30 ans d’être capitaine des pompiers» dit l’adage et j’y pense en écoutant les réactions au budget fédéral. Outre, l’évidente hypocrisie d’affirmer que ce budget ne fait rien pour les Canadiens, que dire des cris outragés de ceux et celles qui condamnent la nouvelle approche fédérale, comme si on devrait revenir sagement aux théories Reagan/Thatcher d’hyper prudence fiscale.

La pandémie a mis «le feu à la cabane» et plus d’un an plus tard, il faudrait revenir au bon vieux modèle? Celui qui a creusé un tel fossé entre les riches et les pauvres que la révolte gronde? Celui qui a permis de négliger les aînés, d’enrichir les méga-riches et de miner notre système de santé, nos écoles et nos universités? Celui qui a poussé notre planète, elle-même, à essayer de se débarrasser de son espèce la plus envahissante et la plus toxique: nous?

Un programme national de garderie ce serait du superflu, alors? Allez donc le dire à tous ces jeunes couples qui l’appellent de leurs vœux et aux vieux couples, comme le mien, à qui on l’a promis pendant des décennies sans jamais avoir le courage de livrer la marchandise.

Un plan concerté pour lutter contre les changements climatiques, c’est du luxe, peut-être? Ça n’aidera personne? Alors que nos dunes s’effritent et que l’eau monte?

Mais enfin, si aujourd’hui, on n’a pas le courage collectif d’essayer une autre façon de faire, si on continue à baisser la tête et à chuchoter «on ne peut pas, c’est trop risqué, ça va coûter trop cher», comment pouvons-nous espérer nous sortir du trou?

Et, tant qu’à faire je vais jusqu’au bout de ma pensée: va-t-on aussi reprendre notre politique comme si de rien n’était? Protester pour protester? Opposer pour opposer? Sans considération du bien général? Va-t-on protéger son petit pouvoir provincial au détriment de nos populations qui s’en fichent d’où viennent l’aide et la vision d’avenir, du moment qu’elles arrivent?

Partout dans le monde, dans tous nos pays soi-disant «développés», l’heure est venue d’avoir le courage de penser autrement et d’essayer autre chose. Qui ne risque rien, n’a rien!