Le Madawaska n’est pas à court de talent

Vous ne trouverez pas plus fier que Mathieu Pelletier d’avoir été comparé dans nos pages à Xavier Simoneau, la semaine dernière.

La comparaison a été évoquée par Olivier Filion, son entraîneur à Mount Academy, qui ne s’est pas gêné pour associer le nom du petit attaquant de Saint-Jacques à celui de l’excellent capitaine des Voltigeurs de Drummondville.

«J’étais très content quand j’ai lu ça», m’a confié le hockeyeur de 5 pieds 7 pouces et 167 livres, que plusieurs recruteurs voient parmi les 36 premiers joueurs repêchés lors du prochain encan de la LHJMQ.

«Je ne suis pas un grand joueur, mais je n’ai pas peur d’aller dans les coins et de batailler pour la rondelle. Ça ne me dérange vraiment pas, même si ça fait mal parfois.»

Bien qu’il ait fréquenté deux écoles privées au cours des deux dernières années (Bishop et Mount Academy), Mathieu Pelletier assure que son plan est de jouer dans la LHJMQ.

«La NCAA est une option, mais mon intérêt est plus tourné vers la LHJMQ, dit-il. La LHJMQ, j’en rêve depuis que je suis petit. Je devais avoir 8 ou 9 ans la première fois que j’y ai pensé et c’est devenu plus sérieux depuis que j’ai 12 ans.»

Sans fausse modestie, Mathieu m’assure que les qualités énumérées par Olivier Filion concernant son jeu sont assez justes.

Ainsi, il est bel et bien un petit fatiguant qui ne craint pas de travailler et qui possède une touche offensive. Il possède aussi un bon lancer et il aime apporter du leadership au sein d’une équipe.

«Je dirais que je joue aussi une partie complète, indique-t-il. Grâce à Olivier, j’ai pu améliorer mon jeu d’ensemble. Avant, on me reprochait d’être un joueur unidimensionnel. Je crois vraiment avoir beaucoup amélioré les autres aspects de mon jeu dans la dernière année.»

Quand je lui ai mentionné que le Madawaska, depuis l’époque de Dean Ouellet au milieu des années 2000, produisait régulièrement des joueurs d’impact pour la LHJMQ, Mathieu Pelletier n’a pas caché sa fierté de la façon dont notre sport national se développe dans son coin de pays.

Kevin Gagné, Mika Cyr, Denis Toner et Joshua Nadeau sont autant d’exemples de joueurs de talent qui ont d’abord donné leurs premiers coups de patin dans le hockey mineur du Madawaska. Mathieu Pelletier et Bradley Nadeau, le jeune frère de Joshua qui évolue avec les Caps de Fredericton au niveau des moins de 18 ans, seront vraisemblablement les deux prochains à s’ajouter à cette liste dès juin.

Cela dit, Mathieu avoue avoir un faible pour le défenseur Kevin Gagné. À l’évidence, Gagné a été sa première idole. Il se souvient même encore fort bien, alors qu’il était un ti-cul de 8 ans, d’avoir vu joué Gagné à Rimouski.

«C’est quelque chose que je ne lui ai jamais dit, mais Kevin a toujours été une inspiration pour moi. Papa m’a amené voir quelques matchs quand il jouait à Rimouski à son année de 20 ans. C’est justement pourquoi je porte depuis ce temps-là le numéro 21. En plus, ma mère (Josée Larochelle) qui est coiffeuse lui a longtemps coupé les cheveux», m’a raconté le sympathique brayon.

Au sujet de Gagné, même s’il compte se présenter sans rouspéter à l’équipe qui va le repêcher, Mathieu trouverait ça vraiment cool d’être sélectionné par l’Océanic.

«Ça serait proche de la maison et je jouerais pour l’équipe où évoluait Kevin Gagné. En même temps, j’aimerais bien aussi être choisi par une équipe du Nouveau-Brunswick, ou encore Charlottetown», a-t-il ajouté.

Filion en a assez

Pendant ma longue conversation avec Olivier Filion, la semaine dernière, le directeur du département hockey de Mount Academy m’a confié qu’il avait hâte que les programmes des moins de 18 ans des Provinces maritimes cessent de le voir comme un voleur de talents.

«Je commence à être tanné de l’entendre celle-là», révèle l’ex-vedette du Titan d’Acadie-Bathurst, qui s’est recyclé comme entraîneur après sa carrière professionnelle.

«Si un jeune peut aller jouer au collège Notre-Dame en Saskatchewan sans que ça fasse de vague, pourquoi ça ne serait pas la même chose pour ceux qui choisissent de venir à Mount Academy?», questionne-t-il.

«Les jeunes ont l’option d’aller dans le meilleur programme de son choix, que ce soit dans une école privée ou encore avec une équipe de moins de 18 ans. Mon travail consiste à convaincre des jeunes de venir poursuivre leur développement ici. À 15 ans, c’est probablement l’année la plus importante dans le développement d’un jeune. C’est pourquoi à Mount Academy, nous permettons aux jeunes de consacrer 50% de leur temps à leurs études et le même nombre de temps pour le hockey», ajoute Olivier Filion.