Le recensement

Comme dirait la Sagouine, les encenseux sont de retour à compter de lundi prochain, 3 mai. Et même s’il n’est pas encore aisé «de noumer sa nationalité», le recensement 2021 amène des changements positifs au dénombrement des francophones. Il est donc plus important que jamais d’y répondre. D’ailleurs, je salue la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse qui vient de lancer une série de capsules vidéo pour aider à remplir le questionnaire.

Pour la toute première fois de son histoire, le 23e recensement contiendra une question permettant d’identifier les ayants droit linguistiques, une grande avancée pour déterminer les droits à l’enseignement dans la langue de la minorité. Mais aussi, la manière de comptabiliser les personnes ayant le français comme langue maternelle change: avant, toute personne cochant la case bilingue était comptée comme anglophone, à moins de cocher «français» pour la question sur la langue la plus utilisée à la maison. Or, on le sait, dans les foyers exogames c’est plus souvent l’anglais qu’on utilise. Beaucoup de francophones disparaissaient ainsi dans la colonne «anglophone». Cette fois, cochez «français» et «anglais», ou «bilingue» et vous apparaitrez dans la colonne «francophone». Croyez-moi, ça va grandement changer la vie des organismes francophones qui sont financés au prorata de leur population.

Restent deux lacunes: les Autochtones qui parlent leur langue première mais aussi le français – c’est le cas de bien des Innus du Labrador – ne sont pas comptés comme francophones, pas plus que les immigrants francophones du Sénégal, du Mali ou du Maroc qui parlent leur langue maternelle d’abord mais aussi le français. Ces personnes ont des enfants qui fréquentent nos écoles et bénéficient de nos structures mais ils n’apparaîtront pas dans le bilan démographique de nos communautés.

Vu la pandémie, vous ne pouvez pas dire que vous n’avez pas le temps et cette année vous pouvez même remplir le formulaire en ligne. Un dernier détail, gracieuseté de la FANE: si vous êtes plus à l’aise de remplir le questionnaire dans sa version anglaise, allez-y sans crainte: ce n’est pas la langue que vous avez utilisée pour le remplir mais bien le contenu de vos réponses qui compte.