Things Heard and Seen: une version pompeuse d’Amityville

Prétentieux, verbeux, ennuyeux… Things Heard and Seen (Netflix) est loin d’avoir la stature de sa comédienne vedette, Amanda Seyfried (Mamma Mia!, Mean Girls).

À l’automne 1979, George (James Norton), Catherine (Seyfried) et leur fillette Franny quittent leur résidence de Manhattan pour s’établir dans une petite bourgade du nord de l’État de New York.

Lui est professeur de littérature, elle est restauratrice d’oeuvres d’art. Ils s’installent sur une ancienne ferme laitière, dans une maison âgée de plus de 150 ans.

Sauf que cette demeure à un lourd passé macabre… et que George commence à exhiber des comportements à la fois étranges et violents.

Amityville

Je ne vous cacherai rien: Things Heard and Seen est une version bourgeoise et pompeuse de l’histoire de la maison hantée d’Amityville (curieusement, elle aussi située dans l’État de New York…).

D’abord un livre «inspiré de faits vécus» paru en 1977, l’histoire d’Amityville a depuis fait l’objet de plusieurs films, dont le classique de 1979 (avec James Brolin et Margot Kidder) et, 26 ans plus tard, d’un remake assez réussi (avec des Ryan Reynolds et Chloë Grace Moretz alors inconnus).

C’est l’histoire d’une famille qui s’établit dans une demeure où un adolescent a massacré toute sa famille. Quelque temps après, le père de la famille nouvellement emménagée tente d’assassiner sa femme et sa fillette.

Thing Heard and Seen traite exactement du même sujet, sauf qu’au lieu de saupoudrer le scénario de moments terrifiants (après tout, il est question d’une maison hantée…) on a droit à de longues, ennuyeuses, inutiles et très peu accessibles conversation sur l’art et la littérature – notamment sur un philosophe suédois appelé Swedenborg, qui semble avoir grandement inspiré les scénaristes.

Les 95 premières minutes sont un véritable supplice. J’ignore si l’objectif était de créer un film d’horreur, un suspense, un thriller psychologique ou une oeuvre atmosphérique. Mais dans tous les cas, c’est totalement raté.

Les choses s’activent par la suite. Mais la fin, étrange – que je devine «swedenborgienne»… -, vient tout gâcher.

Pire, elle transmet un drôle de message. On sent que les auteurs ont voulu donner une aura féministe à leur oeuvre. Mais ce qu’on en retire, c’est que les femmes assassinées par leur conjoint auront leur vengeance… après leur mort.

C’est, au mieux malhabile comme message. Au pire, stupide et honteux. À éviter.

(Deux étoiles sur cinq)

 

The Year Earth Changed: nuisibles humains

Si l’adaptation à la pandémie de COVID-19 a causé un paquet de maux de tête aux humains, les animaux, eux, en ont profité pour prospérer. Le documentaire The Year Earth Changed (Appel TV+) le démontre de façon éloquente.

C’était il y a 15 mois. Pratiquement tous les gouvernements de la planète ont limité les mouvements de leurs citoyens en raison de la pandémie.

Télé-travail, avions cloués au sol, tourisme paralysé, transport au ralenti et confinement à la maison: du jour au lendemain, les rues de certaines des plus grandes villes du monde se sont retrouvées vides et silencieuses.

En l’espace de quelques semaines, le taux de pollution a diminué drastiquement en certains endroits, comme en Inde – où des villageois ont pu, pour la première fois, voir l’Himalaya, auparavant caché derrière un nuage de smog.

Au Maroc, la qualité des eaux côtières est passée de médiocre à excellente.

À Los Angeles, l’air a atteint une «pureté» jamais vue en 30 ans.

Ce renouveau environnemental, l’absence d’humains et un silence jamais vu ont fait en sorte que des animaux ont modifié leurs comportements.

Un hippopotame aperçu à une station-service. Un léopard qui chasse le jour. Des cerfs qui broutent en ville. Des oiseaux qui nourrissent leurs petits trois fois par jour plutôt qu’une… La nature a repris ses droits en 2020!

Magnifique

The Year Earth Changed a été produit par la BBC. Il est narré par le grand David Attenborough (l’équivalent anglophone de Charles Tisseyre). Pas surprenant, donc, que ce soit un documentaire d’une très grande qualité.

Les images sont sublimes, particulièrement celles d’un léopard qui a fait de son terrain de chasse un domaine africain – devenu vacant en raison de la pandémie – réservé aux touristes.

Ou ces pingouins sud-africains, qui marchent dans une rue, devant le Café Penguino.

Des images fortes, au sens propre comme au sens figuré.

Malaisant

Aussi beau soit-il, le documentaire est malaisant.

De voir à quel point l’absence d’humains permet aux animaux de non seulement survivre, mais également de prospérer, a quelque chose de très dérangeant.

À titre d’humain, on se sent coupable.

Quand la pandémie sera sous contrôle, des questions importantes devront être posées sur l’impact qu’ont l’humain et l’activité commerciale sur la faune planétaire.

The Year Earth Changed met la table de façon aussi majestueuse qu’efficace vers des changements qui seront, souhaitons-le, durables.

(Trois étoiles et demi)