«Il ne s’agit pas d’être des parents ou des enseignants parfaits, mais d’utiliser nos erreurs, tout comme celles de nos enfants, pour progresser.» – Jane Nelsen

Élever des enfants n’est pas une mince tâche. Cela va sans dire. Force est de constater que la tâche est encore plus ardue lorsque les parents sont en dissonance. Je me réfère au manque de consensus entre les parents en matière de discipline, de communication, de constance, d’affection, et j’en passe. J’inclus les parents séparés chez qui le défi est encore plus grand. J’inclus aussi les parents d’enfants adultes; plusieurs familles vivent cette difficulté même quand les enfants sont, en théorie, devenus des adultes.

Plus facile à dire qu’à faire

Voici trois exemples concrets:

– «Hier soir, quelques minutes avant l’heure du coucher, j’ai rappelé à mes deux fils de se préparer. Ils ne m’entendaient pas car, simultanément, ils montraient un jeu vidéo à leur père. J’insistais. Mais comment pouvaient-ils m’entendre? Les trois étaient subjugués. À force de répéter, ils ont saisi le mot dodo ainsi que mon regard de mécontentement (lire: colère). Oui, oui, dans une minute… Ils n’arrivaient pas. J’ai abandonné ma mission impossible d’avoir des enfants bien reposés le lendemain matin. Après la plus longue minute de tous les temps (lire: plus d’une heure), ils ont bravement franchi l’étendue de tension pour venir me souhaiter bonne nuit. Aïe!»

– «J’ai encore prêté une grosse somme d’argent à mon fils, de 23 ans, et mon mari est exaspéré. Nous nous disputons toujours pour ça!»

– «J’interdis à mes ados d’aller à des soirées où n’y a pas de parents présents. Ceci les frustre puisque, chez leur mère, ils ont le droit de tout faire. Elle dit que je les couve trop! C’est elle qui est trop permissive.»

Le premier exemple vous est présenté par ma famille. (Cela explique l’excès de détails.) Les deux exemples suivants viennent d’autres familles. Les trois cas révèlent du jugement et des écarts entre les parents.

Travail d’équipe

Il est sécurisant pour un enfant de considérer ses parents comme une équipe. Il est déroutant de voir un parent discréditer l’autre; l’enfant ne sait plus à qui accorder sa confiance. Qui plus est, il risque de se sentir responsable des conflits parentaux. Se soutenir entre conjoints est généralement la meilleure option. (Bien entendu, j’exclus les contextes de violence.)

Chaque parent a une façon unique de percevoir l’éducation des enfants. Pourvu que les valeurs de base soient semblables, accepter l’autre parent est fondamental. Oui, cela peut requérir qu’on tourne sept fois sa langue dans sa bouche. (Ou 300 fois!) Pour ma part, je vais essayer, je le jure. Il est bon pour un enfant d’être exposé à des styles parentaux différents.

À ce sujet, le coach familial Nancy Doyon (Parent gros bon sens, 2010) souligne: «Même à l’écart des enfants, résistez à la tentation de remettre en doute toutes les décisions et interventions de votre conjoint. Il n’y a pas qu’une bonne façon de faire avec les enfants et sa manière est probablement tout aussi bonne que la vôtre. Entendez-vous sur les jeux de base, puis faites confiance à votre coéquipier pour le reste!»

Le respect, le non-jugement, l’humilité, la coopération, l’acceptation, l’amour, le lâcher-prise, l’humour, l’ouverture d’esprit et la flexibilité: ce sont d’excellentes valeurs à modeler.

Mettons-nous d’accord (au moins un peu)!

Défi de la semaine

Ayez une discussion avec votre conjoint ou ex-conjoint sur les systèmes de valeurs de chacun. Définissez les valeurs de base que vous souhaitez inculquer à vos enfants. Engagez-vous à être flexible quant à la mise en pratique de ces valeurs.

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