Quand vous prenez en main votre téléphone cellulaire vous ne vous demandez généralement pas si vous aurez du service. Pourtant, dans notre région il existe de ces trous noirs où rien ne passe!

C’était le cas, jusqu’à la toute fin 2020, sur la péninsule de Port-au-Port à Terre-Neuve. Il n’y avait, par exemple, aucune réception sur la route pourtant bien dangereuse par brume, neige et vent, entre Cap St-Georges et la Grand’terre. Pire encore Bell n’avait pas l’intention de rectifier la situation pour cause de calcul simple: Pas assez de clients = pas de service.

C’était sans compter sur la détermination de la communauté francophone, habituée aux luttes épiques: dans les années 1980 c’était pour obtenir une école et dans les années 1990 pour obtenir la fameuse route entre les deux villages. En 2017, la communauté francophone, avec le RDÉE TNL, se lançait à l’assaut de Bell pour obtenir «son» service cellulaire. Il aura fallu un montage financier d’envergure entre la province, Bell et l’ARCO, l’Association régionale de la côte Ouest, et une mobilisation des associations francophones, des villages et de la population pour contribuer financièrement à l’entreprise. Ventes de gâteaux, levées de fonds en tout genre et soupers-bénéfices et ont été organisés pour arriver à récolter une partie des fonds – environ 80 000$ sur les 400 000$ nécessaires à la construction de la tour.

Que de rencontres, de négociations, d’avancées et de reculs sur un parcours semé d’embûches administratives, légales et techniques pour avoir enfin la possibilité d’appeler à l’aide quand on est mal pris sur la route à la nuit noire!

Il s’agit là d’une belle histoire de détermination et de travail collectif. Les intéressés sont même prêts à partager gracieusement leur expérience avec ceux et celles que ça pourrait intéresser, ailleurs au pays.

Mais pour courageux qu’aient été mes compatriotes dans cette affaire, suis-je la seule à penser qu’il est complètement anormal qu’aujourd’hui ils paient le plein tarif pour leur abonnement de cellulaire?

Comme si Bell n’offrait pas aujourd’hui à se clients un service qu’elle n’a que partiellement financé. Comme si cette tour qui veille désormais sur leurs villages ne leur appartenait pas un peu.

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