Ces deux œuvres toutes récentes reposent sur des histoires brillantes. Le roman jeunesse de Danielle S. Marcotte nous entraîne dans une aventure palpitante, tandis que Tire le coyote reprend dans une version minimaliste six chansons phare du répertoire francophone.

La promesse du bout du monde, Danielle S. Marcotte

Quel plaisir de lire ce roman! Il y a longtemps que je n’ai pas lu un roman jeunesse aussi captivant. L’auteure nous raconte une bonne histoire sans chercher à faire la leçon. Bien que ce soit un roman historique qui aborde, entre autres, l’histoire de l’Acadie, la Déportation, les ravages de la petite vérole chez les Premières nations, en aucun cas, le récit devient didactique. Au contraire, on est dans l’aventure, le voyage et une intrigue captivante. Sa plume est vive et sans fla-fla.

La promesse du bout du monde raconte l’histoire d’Alexis, un garçon de 15 ans à Southampton, en Angleterre, d’origine acadienne, qui s’embarque sur un grand voilier pour le nord-est du Pacifique. Le récit débute en 1786. À bord, il fait la rencontre de Hugh qui rêve d’une vie meilleure. Alexis, dont la famille a été dispersée, a promis à son père et à son frère de les retrouver un jour en Acadie. En s’engageant comme marin, il espère gagner suffisamment d’argent pour se payer le voyage de l’Angleterre à Halifax. Une fois arrivé sur le continent nord-américain, un incident fera en sorte que Hugh et Alexis seront séparés. Alexis se perd en forêt et l’équipage part sans lui. Il aboutit dans un village autochtone ravagé par la petite vérole. Il y a des milliers de cadavres. Seule une petite fille, orpheline, est encore en vie. Les deux enfants se lieront d’amitié et poursuivront leur route ensemble afin de tenter de survivre dans ce milieu plutôt hostile. Plusieurs aventures les attendent…

Au fil des jours, ils arrivent à se comprendre de mieux en mieux. La fillette qui connaît bien la forêt, la mer, les animaux sauvages et les plantes lui enseignera comment se débrouiller dans la nature. Malgré tout, leur situation demeure précaire. Ils finiront par embarquer sur une frégate française pour ensuite se retrouver à Monterey en Californie où ils travailleront chez un officier espagnol haut gradé. À cette époque, le territoire de la Californie est une colonie espagnole. Alexis qui rêve toujours de retrouver sa famille en Acadie aura un choix à faire. Remplira-t-il sa promesse?

Si parfois on se dit que cette histoire paraît presque impossible et que la finale est un peu précipitée, il reste qu’elle nous est bien rendue avec justesse. Établie à Tswawassen en Colombie-Britannique, l’écrivaine Danielle S. Marcotte a été animatrice, journaliste et réalisatrice à la radio pendant plus de 30 ans. Elle a également vécu au Québec et dans les Maritimes. Elle a publié huit livres en français, dont six qu’elle a traduits en anglais. Stéphanie Bourgeois signe les quelques illustrations de ce roman qui vient de paraître. (Éditions Bouton d’or Acadie, 2021) ♥♥♥½

Le temps des autres, Tire le coyote et Jeannot Bournival

Ce mini album est né de la rencontre entre l’auteur-compositeur-interprète Benoit Pinette, alias Tire le coyote, et le pianiste Jeannot Bournival. Un peu moins à l’avant-scène, le pianiste, compositeur et réalisateur de Saint-Élie-de-Caxton en Mauricie est celui qui a signé la réalisation et la direction musicale d’une foule de projets, dont ceux de Fred Pellerin.

Ensemble, les deux musiciens ont décidé de reprendre dans une formule piano-voix six pièces composées par des piliers de la chanson québécoise et francophone. On retrouve des chansons de Claude Léveillée, Clémence Desrochers, Francine Raymond, Richard Desjardins, Avec pas d’casque, ainsi que de Jim et Bertrand.

Fidèle à lui-même, Tire le coyote livre une interprétation sensible et intense sur le piano un peu décalé de Jeannot Bournival. Enveloppé de délicatesse, cet album assez dépouillé permet de revisiter des classiques dans de nouvelles couleurs. Toute la place est donnée aux paroles. À l’image de la période actuelle un peu au ralenti, le duo propose un disque plutôt tranquille pour apaiser l’esprit. Peut-être même un peu trop calme pour les amateurs de musique qui déménage. C’est un disque à écouter au creux de l’oreille. Cette jolie collection musicale qui se conclut sur la magnifique Pour l’amour qu’il nous reste de Francine Raymond nous permet de patienter jusqu’au prochain album de chansons originales de Tire le coyote. Le temps des autres sort de façon numérique ce vendredi. ♥♥♥½

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