La possibilité de voir Terre-Neuve-et-Labrador abolir son conseil scolaire francophone pour couper dans ses dépenses a coupé le souffle à bien du monde. Comme le faisait remarquer ma collègue de ce journal, Stéphanie Chouinard, c’est épuisant de voir ses droits sans cesse menacés.

Mais l’heure est grave. Ma province est au bord du gouffre fiscal: près de 50 milliards $ de dettes, un budget annuel déficitaire d’environ 25% tous les ans depuis 15 ans, pas difficile de conclure qu’on ne pourra pas continuer de la sorte!

Le rapport tant attendu de Moya Greene sur les options à considérer pour redresser la barre fiscale, n’y va pas de main morte: outre l’abolition des deux conseils scolaires, elle suggère de vendre nos actions dans les projets pétroliers côtiers, de réduire de 25% (vous avez bien lu) les frais administratifs des quatre réseaux de santé, privatiser notre régie des alcools et, même, nos intérêts dans le projet hydroélectrique du Haut Churchill. C’est tout dire!

Les dépenses de notre conseil scolaire dans tout ça c’est «de la petite bière» comme on disait chez moi, et il se peut que le gouvernement abandonne l’idée par peur des tribunaux, comme l’ont fait la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard.

Reste, que Franco-terre-neuviens ou non, ce déficit nous concerne tous et que si tout le monde objecte à tout changement, ce sera d’abord Ottawa et pourquoi pas le Fonds monétaire international qui viendra nous dicter la marche à suivre. On en est là.

Alors, au lieu de crier tout de suite au scandale, comme nous le faisons nous-mêmes et comme le font les médecins, les infirmières, les enseignants, les syndicats de la fonction publique et j’en passe depuis la publication du rapport, ne pourrait-on pas envisager comment, ensemble, on pourrait faire notre part, chacun et chacune pour redresser la situation?

La communauté francophone de Terre-Neuve-et-Labrador a longtemps été mal servie, mais aujourd’hui, avec ses écoles et ses communautés, elle représente une plus-value pour l’immigration tant désirée par la province et, en ce sens, elle peut contribuer à un effort de renouveau. C’est de cela qu’il faut parler.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle