Those Who Wish Me Dead: tout feu tout flamme

Taylor Sheridan est un nom à retenir. Après avoir signé le scénario de Sicario (2015) et de Hell or High Water (2016), l’Américain âgé de 50 ans a tourné le trop méconnu Wind River (2017). Il nous offre maintenant Those Who Wish Me Dead (en salle depuis vendredi), un excellent suspense avec une Angelina Jolie au sommet de sa forme.

Hannah (Jolie) est une pompière du Montana spécialisée dans les feux de forêt.

Il y a un an, elle est vécu une expérience traumatisante au travail. Depuis, son comportement est erratique.

Connor (Finn Little) est un garçonnet de la Floride dont le père, comptable, a aidé à faire emprisonner des gens dangereux et puissants.

Un jour, le père de Connor est pris en cible par des tueurs à gages qui souhaitent mettre la main sur des informations sensibles qui pourraient être dommageables à leurs clients.

Connor et son père prennent donc la fuite. Au Montana, ils sont victimes d’une embuscade en pleine forêt. Connor s’en sort, mais pas son père.

Le garçon, maintenant en possession des renseignements, tombe sur Hannah. Avec les tueurs aux trousses, le duo tente de retrouver la civilisation. Mais un gigantesque incendie de forêt lui barre la route…

Du bon Sheridan

Those Who Wish Me Dead n’est pas un film exceptionnel en soit. Son scénario est assez prévisible, le ton est convenu et il emprunte de nombreux éléments à Wind River.

Par exemple, dans les deux films, un personnage blessé émotionnellement doit venir en aide à un être vulnérable. Dans les deux films, l’aidant est forcé de faire face à ses cauchemars. Les deux oeuvres se déroulent dans de grands espaces naturels en plus d’avoir un peu trop recours aux armes à feu.

Reste que le plus récent Sheridan (qui n’est présenté qu’en version anglaise dans les cinémas) est un excellent suspense.

Un peu comme dans Wind River (disponible sur Netflix), ce n’est pas tant l’action qui prime, mais l’ambiance. Ironiquement, on avance un peu à pas de tortue dans ce qui est une course contre la mort. Et ce n’est pas inintéressant.

Le danger vient en effet de partout et les personnages principaux nous semblent totalement vulnérables, ce qui ne fait qu’augmenter la tension.

En fait, le réalisateur – qui cosigne le scénario – a mis Hannah et Connor dans une situation impossible. S’ils veulent s’en sortir, ils doivent puiser dans les dernières limites de leur courage.

Maternelle Jolie

C’est un plaisir de retrouver Angelina Jolie au cinéma. Son dernier rôle intéressant remonte à plus de dix ans (dans The Tourist et Salt).

L’âge aidant, l’élancée comédienne s’assagit. Le personnage d’Hannah est beaucoup plus complexe et intéressant que ceux de Mme Smith ou Lara Croft.

En fait, j’aurais aimé que Sheridan approfondisse davantage ce personnage, quite à ce que le film dure un peu plus longtemps.

Jolie, qui approche de la cinquantaine, peut quand même encore se débrouiller dans les scènes d’action.

Mère de six enfants – dont trois ont été adoptés -, Jolie montre également, dans Those Who Wish Me Dead, un côté maternel qu’on ne lui connaissait pas au cinéma. Ses interactions avec Connor sont bien jouées et empreintes d’une grande douceur.

Parlant de Connor, son interprète, le jeune Australien Finn Little (de la série télévisée Tidelands) m’a beaucoup impressionné.

Il parvient à tenir tête à Jolie – gagnante d’un Oscar et de trois Golden Globe -, que la situation soit tendue ou légère.

En voilà un qui est voué à un bel avenir.

Une vedette insoupçonnée

Reste que la véritable vedette de Those Who Wish Me Dead est le feu de forêt – un peu comme dans Wind River, où c’est le décor enneigé du Wyoming qui retient l’attention.

J’ignore comment les techniciens ont pu produire un tel brasier – parce qu’on s’entend qu’ils n’ont pas allumé un vrai feu! Mais je tiens à ne pas éclaircir ce mystère afin de ne pas briser la magie.

Aidé par le son ambiophonique du cinéma, le brasier représente une menace bien plus grande que les tueurs. Son rugissement et sa propagation ont de quoi donner des cauchemars.

Pas de doute: j’ai déjà hâte au prochain Sheridan!

(Quatre étoiles sur cinq)