Alors que la PDG du Réseau de santé Vitalité était en mode de contrôle des dommages à la suite de ses propos maladroits concernant la langue et les soins de santé, le premier ministre Blaine Higgs n’a trouvé rien de mieux que de jeter encore une fois de l’huile sur le feu lors d’un échange avec le chef de l’opposition officielle à l’Assemblée législative. Selon celui-ci, la langue constituerait une barrière lorsqu’il s’agit de faire du recrutement en santé. Le Nouveau-Brunswick, la seule province officiellement bilingue au pays, serait désavantagé par rapport aux autres juridictions.

Blaine Higgs n’hésite pas à réfléchir tout haut pour trouver des solutions à ce soi-disant problème. «Faut-il enseigner la deuxième langue aux unilingues une fois qu’ils ont terminé leurs études, ou lorsqu’ils sont prêts à travailler?»

Ces propos reposant sur aucune étude sérieuse ont plu à plusieurs députés du caucus progressiste-conservateur qui se sont levés en Chambre pour applaudir Blaine Higgs et au chef de la People’s Alliance, Kris Austin. On ne peut pas en dire autant pour le chef libéral, Roger Melanson, et le député vert Kevin Arseneau.

Les questions de langue et de santé constituent un cocktail explosif qui menace la paix sociale dans cette province. Le Nouveau-Brunswick du 21e siècle n’est pas celui du 19e siècle où les droits de la minorité acadienne et francophone n’étaient pas reconnus. L’élection du gouvernement libéral de Louis J. Robichaud en 1960 a permis de faire du Nouveau-Brunswick la seule province officiellement bilingue au pays. L’adoption de la Charte des droits et des libertés en 1982 et l’enchâssement des principes de la Loi reconnaissant l’égalité les deux communautés de langues officielles en 1993 dans celle-ci ont consolidé la place du français dans cette province.

Blaine Higgs ne peut pas faire rentrer le génie dans la bouteille. Il est malheureux que celui-ci ait choisi de ne pas suivre les traces de ses prédécesseurs tant libéraux que progressistes-conservateurs qui ont occupé le fauteuil de premier ministre.

Le Parti progressiste-conservateur sous le leadership de Richard Hatfield avait pu bâtir des ponts avec la communauté francophone. Un lien de confiance s’est constitué avec le temps. On a pu constater, que tant aux élections provinciales de 2018 que celles de 2020, les candidats progressistes-conservateurs ont mordu la poussière auprès de l’électorat francophone.

Aux commandes du parti progressiste-conservateur depuis 2016 et de la province depuis 2018, Blaine Higgs n’a pas su être un premier ministre rassembleur pour l’ensemble de la population. Il serait vain de croire qu’il pourrait changer d’attitude d’ici son départ de la vie politique.

Blaine Higgs pourrait rendre un grand service à son parti et à la province s’il décidait d’accrocher ses patins avant les prochaines élections provinciales prévues en 2024. Le champ serait libre pour que son parti puisse trouver un nouveau chef véritablement bilingue. Ce dernier pourrait s’atteler à rebâtir les ponts que Richard Hatfield avait construit pour rejoindre la communauté acadienne et francophone.

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