Lancé en avril 2018, A Quiet Place est devenu rapidement un film d’horreur culte en raison de l’originalité de son scénario et de son ambiance angoissante. Présenté sur grand écran depuis jeudi, A Quiet Place 2 est l’enfant légitime de l’oeuvre originale et nous permet d’apprécier la maturation du comédien devenu cinéaste John Krasinski.

La Terre est dominée par des créatures sanguinaires qui attaquent au moindre bruit. Les humains survivants sont donc forcés de vivre dans le silence le plus complet.

Dans le premier film, on fait connaissance avec la famille fermière Abbott, composée du père (Krasinski), de la mère Evelyn (Emily Blunt) et de trois enfants, dont une adolescente malentendante, Regan (Millicent Simmonds).

À la fin du film, Evelyn accouche au moment où la ferme est prise d’assaut par une horde de bêtes. Le père n’en sortira pas vivant et la ferme est détruite.

Dans A Quiet Place 2, équipés d’une «arme» pour ralentir les assaillants, les Abbott prennent la route, à la recherche d’une nouvelle demeure et d’autres survivants.

Dans une fonderie industrielle, ils tombent sur un ancien ami, Emmett (Cillian Murphy), pratiquement devenu paranoïaque et fort peu enclin à leur offrir son aide.

Une blessure à un des fils Abbott et une intuition de Regan vont toutefois forcer tout ce beau monde à collaborer.

La sécurité à laquelle ils aspirent tous est toutefois loin d’être assurée…

Tendu

Dans A Quiet Place 2, les éléments qui ont fait l’unicité du premier film sont de retour avec la même efficacité.

Krasinski – qui signe également le scénario – joue royalement avec nos nerfs!

Il multiplie les occasions où ses héros doivent bouger sans faire de bruit alors que des êtres qui ressemblent à un croisement entre Venom et un xénomorphe (de la saga Alien) rôdent à quelques mètres… On est rivés sur le bout de notre siège avec le coeur qui bat trop rapidement.

Certaines scènes sont tellement angoissantes – surtout celles du dernier acte – qu’on en oublie presque de respirer.

Je suis conscient d’utiliser ce cliché assez souvent dans mes chroniques. Mais lors de mon visionnement, j’ai eu pleine conscience d’avoir repris mon souffle après une scène particulièrement tendue et d’avoir réalisé que je ne me souvenais pas à quand remontais ma dernière véritable respiration!

Des personnages inspirants

Je m’en confesse, je n’avais pas beaucoup aimé le personnage de Regan dans le premier film. L’ado était bourrue, capricieuse et mal dans sa peau.

Dans la suite, on est témoin de la belle évolution de la personnalité de la jeune femme.

Elle est beaucoup plus courageuse, déterminée et ingénieuse. Elle se montre surtout la digne fille de son père – qui s’est sacrifié pour la protéger dans l’oeuvre originale.

Emily Blunt, de son côté, affiche une force tranquille vraiment impressionnante dans le rôle de la mère.

On la voit moins que dans le film précédent, mais Blunt est à son mieux quand elle prend son courage à deux mains pour rassurer ses enfants. Son calme est contagieux.

Cillian Murphy se démarque également. Celui qui est davantage connu pour ses rôles de méchant (dans The Dark Knight et Red Eye, notamment) joue avec beaucoup d’efficacité l’homme ordinaire qui doit soudainement se transformer en héros d’action.

Du grand Krasinski

J’ai aussi été fasciné par les progrès qu’a fait John Krasinski à titre de cinéaste.

Pas qu’il avait quoi que ce soit à se reprocher dans le premier film, au contraire. Celui que l’on a notamment vu dans le rôle épique de Jim Harper dans la série The Office maîtrise tout simplement mieux son art.

Ses plans sont davantage assumés. Signe de son assurance, il se permet même de nous narguer dans une scène géniale qui se déroule dans un studio de radio – je ne vous en dis pas plus…

Ses qualités d’écriture sont également bien évidentes dans une séquence où on observe un magnifique parallélisme alors que le groupe, divisé en deux, vit des périls presque identiques.

Un film intelligent et ensorcelant, bref. Que les amateurs d’horreur et de suspense ne peuvent pas se permettre de rater. n

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