Je dois être le meilleur

«La compétition n’engendre que des battus. Il faut lui préférer la coopération.» – Albert Jacquard

Deux chevaux conversent tout en s’abreuvant à un joli étang. Le premier raconte pourquoi il fait grise mine:

– Je suis découragé. Je n’arrive jamais au premier rang et je rêve de podium. Je me sens exclu. Je commence à avoir peur d’essayer de nouveaux jeux, car je ne suis pas assez performant.

– Oh! Au contraire, moi, je suis couronné de succès. On dit que je suis le plus intelligent, le plus rapide, le plus beau et le plus reconnu de notre clan. Pourtant je ressens un vide intérieur. C’est comme si je devais toujours prouver ma valeur au lieu de simplement être moi-même.

Notre société de compétition

Ce dialogue pointe le ridicule; on sait que les animaux ne gaspillent ni leur temps ni leur énergie à chercher désespérément la reconnaissance. Nous les humains, une espèce soi-disant plus intelligente, nous égarons souvent dans nos schèmes de pensées de rivalité. Les animaux (à l’exception des deux bêtes citées précédemment) savent qui ils sont et se plaisent à découvrir leurs capacités; ils ne sont pas habités par la peur d’échouer ou de déplaire.

Lorsque l’humain est réellement à l’écoute de lui-même, il trace son chemin parce que son être l’implore de le faire. Non pas parce qu’il doit impressionner ses parents, ses enseignants ou ses employeurs. Encore moins parce qu’il doit toujours performer et être en quête de perfection. L’être humain veut se faire confiance, apprendre de ses échecs, être fier de ses réussites (même s’il n’est pas parmi les meilleurs!) et tenter de se dépasser lui-même.

D’Ansembourg (2014), un auteur qui cerne les pièges antibonheur, croit que nous sommes soumis à l’injonction sociétale suivante: «Il faut être le meilleur». Cela impliquerait que le succès et la performance soient obligatoires. «Cela commence dès l’école par la course pour la meilleure place, pour les meilleurs résultats, tant en mathématique qu’en gymnastique et au piano, et cela se poursuit la vie durant et au galop par un parcours effréné entre la vie professionnelle, la vie de couple et de famille, et la vie sociale.»

Ô victoire, ô perfection, ô pression!

Un peu d’imagination est de rigueur

Imaginez fixer des objectifs personnels, sans vous comparer à vos pairs. Imaginez accepter des défis en vous concentrant sur votre intérêt et votre effort, et non votre performance. Imaginez aspirer au meilleur de vous-même plutôt que de suivre le culte de la réussite. Imaginez être capable de vous réjouir des forces des autres. Certes, cela est difficile, surtout si vous avez été soumis à une pression depuis la petite enfance. Cependant difficile ne signifie pas impossible.

Coopérons!

Défi de la semaine

Relevez un moment où vous avez le désir de dépasser ou de vaincre quelqu’un. Observez cette sensation de compétition. Lâchez prise. Donnez simplement le meilleur de vous-même. Et appréciez les capacités de l’autre.

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