La découverte de 215 corps d’enfants autochtones à côté d’un ancien pensionnat de Colombie-Britannique, est une abomination. Pourtant, les Autochtones ne sont pas surpris du tout.

Entre la fin du 19e siècle et 1996, 150 000 de leurs enfants ont été enfermés dans quelque 150 pensionnats au pays, y compris chez nous en Atlantique. On estime que 3200 enfants y sont morts, souvent de tuberculose, ces endroits souffrant d’un tel manque d’hygiène que le taux de mortalité y était cinq fois plus important que la moyenne nationale. À l’image de la face visible d’un iceberg, cette découverte macabre représente donc à peine 10% des victimes cachées de ce drame honteux.

J’ai trouvé tout cela écrit, noir sur blanc, dans le rapport de la Commission de Vérité et Réconciliation. Je ne le savais pas. «Quelle est détestable cette étroitesse du regard que nous posons sur les problèmes qui ne sont pas les nôtres» s’exclamait l’Abbé Pierre. Mais, cette fois-ci, c’est bien notre problème!

Je croyais avoir tout vu des abus sur les enfants avec l’orphelinat Mount Cashel et les horreurs commises par des prêtres, mais, ici, on est (quelle horreur que d’avoir à le dire!) un cran au-dessus. Ces 215 anonymes de Kamloops, n’étaient pas orphelins, non! Notre police et nos ecclésiastiques sont allés les arracher de force à leurs parents pour les y emmener, remplacer leur nom par un numéro, pour éradiquer leur culture et que «tout ce qu’il leur reste d’indien soit leur sang» de dire l’évêque Vital Grandin en 1875. En somme, il ne manquait que l’étoile jaune.

Comme blanche et baptisée et même si je n’ai aucun lien avec cette horreur, je m’interroge: comment notre société et l’Église catholique (celle de «laissez venir à moi les petits enfants») ont-elles pu rationaliser une telle action? Comment a-t-on pu enterrer tant de gens à l’insu de l’État? Et, à un niveau personnel, que faire pour la réconciliation? Commençons par lire «Ils sont venus pour les enfants», de la Commission de Vérité et Réconciliation, pour ne plus jamais pouvoir dire «je ne savais pas» et appuyons les initiatives des Premières Nations pour que nous puissions guérir, ensemble, de cette avanie.

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