Troubles psychologiques, vulnérabilité, abus, manipulation et relations toxiques figurent parmi les thèmes traversant ces deux œuvres en littérature et en musique aux univers complètement différents.

Sociopathe, Guildor Michaud

Ce recueil de nouvelles psychologiques n’est pas nécessairement pour tout le monde. L’auteur originaire du Madawaska qui s’intéresse à la santé mentale aborde avec ce 7e ouvrage, l’un des côtés les plus sombres de l’être humain: la sociopathie. À travers quatre récits fictifs, le romancier explore ce sujet difficile et lourd, en présentant le portrait de personnes sans cœur, manipulatrices, menteuses, violentes et monstrueuses qui utilisent tous les moyens à leur disposition pour dominer et contrôler leurs victimes.

Il y a d’abord Xmas cupidon, un enfant roi en manque d’affection, élevé par une mère qui se préoccupe beaucoup plus des apparences que du bonheur de son fils. Il grandit donc pratiquement seul, entouré d’une domestique et d’un tuteur Emmanuel Sékoutouré, un réfugié rwandais. Dès son plus jeune âge, Xmas fait preuve de méchanceté, d’indifférence et de mépris à l’égard des autres. Vient ensuite l’histoire d’Anick, hospitalisée à Campbellton, convaincue d’être la cause du décès de son père. Victime d’un ex-amant violent et dominateur, elle tentera de se refaire une santé mentale avec l’aide de sa psychologue. Cette nouvelle m’a particulièrement captivée.

La troisième nouvelle porte sur les ravages de l’intimidation chez un enfant. Le recueil se conclut sur l’histoire d’une femme aux prises avec un conjoint sociopathe. Même si la violence est omniprésente dans ces récits, l’auteur tente tout de même d’en ressortir un peu d’humanité et de lumière, notamment avec la présence des thérapeutes et des proches des victimes. Dans la plupart des cas, les sociopathes finissent pas être appréhendés et placés en détention afin de ne plus nuire à leur entourage. C’est qu’ils sont capables des pires atrocités comme en témoignent les nouvelles de Guildor Michaud. Pour écrire ce livre, de même que son roman précédent Elle s’appelait Mignonne qui traitait de la schizophrénie, le romancier a mené de nombreuses recherches sur la maladie mentale, donnant ainsi une bonne dose de réalisme à ses histoires. J’ai aimé la complexité des récits.

Si son écriture est vive, près des émotions, il reste que certaines descriptions ont un style un peu trop ampoulé, donnant des images parfois maladroites. J’estime qu’il aurait pu retirer aussi quelques bavardages superflus qui alourdissent le récit. J’aime qu’on laisse de la place à l’imagination du lecteur.

Si vous aimez le genre psychologique avec un soupçon de suspens, vous serez probablement captivés par ce livre. C’est très intéressant le genre nouvelle parce qu’il permet d’explorer un sujet sous différentes facettes. (Éditions La Grande Marée, 2021). ♥♥♥

Ô psychologue, Sally Folk

Après avoir navigué davantage dans la légèreté sur ses disques précédents, l’auteure-compositrice-interprète québécoise se propose d’explorer des sujets plus profonds avec ce cinquième album. Sorte de thérapie traitant de la quête d’amour, des relations éphémères, explosives, d’infidélité, de manipulation, d’échecs, de deuil, de ses maladresses et de ses peurs, Ô psychologue révèle un côté vulnérable de l’artiste.

Onze pièces composent cet album introspectif dans lequel la chanteuse au look rétro se met un peu à nu. Même si les sujets peuvent paraître graves, l’ambiance est loin d’être lourde. La musique demeure pleine d’entrain, évoquant le pop-rock des années 1960, des danses à gogo avec des petites sonorités de l’Ouest et même une touche reggae. On a une irrésistible envie de danser.

Sally Folk propose des chansons avec des paroles bien ficelées et poétiques sur une musique énergique qui s’ouvre en beauté avec Le regard des hommes. «Que la folie est bonne si elle ne dérange personne et comme j’ai le cœur libre du regard des hommes», chante-t-elle de sa voix suave. Quelques chansons nous arrivent tout doucement au creux de l’oreille tel que Le règne, une pièce sur l’abus et la manipulation. «Il règne sur moi depuis des ans que je ne me reconnais plus/Il a brisé ma joie, il a la vérité absolue… On ne s’aime même plus….». Des paroles à faire pleurer. Le disque se conclut sur une chanson au piano-voix, À Nu, où l’artiste exprime un certain mal de vivre. Ce disque figure résolument parmi les plus forts de Sally Folk. ♥♥♥½

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