Cruella: l’antihéroïne la plus glamour du cinéma

Qui est Cruella de Vil? C’est bien sûr la méchante de l’important jalon de la culture populaire que représente Les 101 Dalmatiens. Mais d’où lui viennent sa rage et son besoin d’anarchie? C’est la question à laquelle le visuellement inspiré Cruella (en salles), des studios Disney, tente de répondre.

Estella Miller est une adolescente britannique douée pour la couture, mais aussi pour semer le chaos partout où elle passe.

Un jour, elle est expulsée de son école. Avec sa mère, elle prend la direction de Londres afin de s’offrir un nouveau départ.

En chemin, les deux femmes font un arrêt dans un somptueux manoir. Estella est alors témoin du meurtre de sa mère, poussée du bord d’une falaise par trois dalmatiens enragés.

L’adolescente parvient quand même à gagner Londres et se lie d’amitié avec deux jeunes vagabonds champions des petites escroqueries.

Dix ans plus tard, le trio vit de petites combines jusqu’au jour où Estella (Emma Stone) est embauchée par la Baronne (Emma Thompson), la créatrice de mode la plus influente de Londres.

Naîtra alors entre les deux femmes une rivalité qui poussera Estella à puiser dans ce qu’il y a de plus diabolique et cruel en elle.
Estella deviendra ainsi Cruella, une femme qui ne recule devant absolument rien…

La genèse de Cruella

Le personnage de Cruella de Vil est né en 1956 dans un roman de l’auteure Dodie Smith intitulé Les 101 Dalmatiens.

Cruella est devenu un phénomène culturel cinq ans plus tard quand les studios Disney ont adapté le roman dans ce qui est devenu un dessin animé culte.

Depuis, Cruella et les dalmatiens sont partout: jouets, magazines, livres, télévision et cinéma.

La popularité du personnage a atteint un sommet en 1996, quand il a été interprété par la grande Glenn Close dans une version en prises de vue réelle de l’indémodable histoire.

Sentant la bonne affaire, Disney a tourné un film racontant les origines de Cruella avec la toujours excellente et facilement commercialisable Emma Stone dans le rôle-titre.

Le résultat ne manque pas de qualités.

C’est certainement le film le plus adulte jamais produit par Disney. La descente aux enfers d’Estella n’est en effet pas tragique comme celle, par exemple, du Joker, d’Anakin Skywalker ou d’Harley Quinn.

Au contraire. Au moment de devenir Cruella, Estella épouse plutôt le côté sombre de son âme de façons assumée et enthousiaste. Nous sommes loin de Cendrillon ou de la Reine des neiges, disons…

Une facture propre

Cruella ne manque pas non plus d’originalité. C’est un film qui a un ton et une facture visuelle unique. Imaginez The Devil Wears Prada (2006), mais avec une ambiance et des décors retro-chics, british et légèrement gothiques.

Les costumes et les maquillages sont aussi impeccables qu’extravagants et, croyez-moi, vont faire parler d’eux jusqu’au prochain gala des Oscars.

Parlant d’Oscars, l’année est encore extrêmement jeune, mais Emma Stone et Emma Thompson s’imposent déjà comme des finalistes logiques.

La première est extrêmement convaincante dans le rôle de la jeune femme talentueuse qui se laisse submerger par sa colère. La seconde brille en tant que créatrice égocentrique et vile.

Les confrontations entre les deux femmes sont épiques, notamment en raison du jeu des deux Emma, mais aussi de la qualité de leurs lignes. Je me suis régalé de chacune de leurs inspirées et enflammées joutes oratoires.

J’ai aussi adoré le jeu des deux chiens de la bande à Estella/Cruella (ils sont aussi drôles qu’impressionnants), l’effort qu’ont fait les responsables de la photographie pour que certaines scènes rappellent le dessin animé de 1961, ainsi que la trame sonore résolument british – avec les Stones, Led Zep, Bowie, les Clash et les Beattles, notamment.

Malheureusement, le film m’a semblé un peu long, principalement en raison du presque inutile troisième acte.

Au final, on peut se questionner sur la nécessité de raconter la naissance de Cruella. Reste que l’oeuvre de Craig Gillespie (I, Tonya) est un solide divertissement porté par un humour intelligent, une cinématographie flamboyante et deux comédiennes qui ne pourraient pas prendre plus de plaisir à se détester.

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