Agissons

Comme si le passé de notre pays n’était pas déjà assez douloureux à regarder en face avec ses pensionnats et ses corps noms enfouis sans nom, voici maintenant qu’il nous faut affronter un présent honteux: au volant de sa camionnette un homme blanc de 20 ans, pleinement conscient de son geste, fonce délibérément sur une famille musulmane et tue 4 personnes. La haine, la discrimination et le racisme sont encore en super forme chez nous.

Si vous pensez que ça ne se passe qu’en Ontario, tous les musulmans de l’Atlantique ont des nouvelles pour vous: ça se passe chez nous aussi. Chez moi, l’association de lutte contre le racisme confirme que les musulmans font face quotidiennement à des actes, certes moins graves, mais tout aussi inquiétants: insultes, crachats, intimidation, menaces. Il semblerait que de porter un voile sur ses cheveux est maintenant devenu aussi dangereux que pour un Noir américain de porter une capuche!

Les Autochtones font le même constat, les personnes d’origines asiatiques aussi (surtout depuis la COVID-19), il semblerait donc que seuls les blancs ont la vie facile. Quoique! Les francophones se font brasser, eux aussi, de temps à autre, les homosexuels, les personnes transgenres. En d’autres mots, tous ceux et celles qui sont considérés comme différents (de quoi et de qui?) sont des cibles potentielles.

S’il est déjà assez triste de constater qu’on n’avance pas dans le domaine de la discrimination, c’est encore pire de réaliser que nos gouvernements, pour leur part, ne sont pas très proactifs au niveau de l’éducation et de la prévention. Si les vœux pieux de tous les politiciens qui se disent scandalisés ces derniers temps se traduisaient en actions concrètes, l’affaire serait réglée depuis longtemps. Malheureusement ce n’est pas le cas.

Et si c’est d’abord à nous tous, individuellement, de lutter contre ce fléau, une insulte, un geste agressif à la fois, il est essentiel que nos gouvernements s’y mettent, eux aussi. Comme le faisait remarquer à juste titre un ami internaute, «l’indignation n’est pas une politique publique».