Avec au-delà de 70% de sa population de 12 ans et plus qui a reçu au moins une dose de l’un des vaccins contre la COVID-19, le Canada a bon espoir de retourner bientôt à un semblant de normalité. Qu’en est-il pour son économie, et celle de notre coin de pays en particulier?

Commençons par un bref retour sur notre trajectoire économique depuis le déclenchement de la pandémie.

L’an dernier, l’économie canadienne s’est contractée de 5.3%. Il s’agit là d’un choc brutal, sans précédent depuis la Grande Dépression. Cela dit, les choses auraient été sans doute encore bien pires si les pouvoirs publics n’avaient pas inondé l’économie de liquidités.

Pour leur part, les provinces maritimes ont été moins durement frappées. En effet, parmi toutes les provinces canadiennes, c’est l’Île-du-Prince-Édouard qui a connu le plus faible fléchissement de son économie (-3,0%), suivi de la Nouvelle-Écosse (-3.2%) et du Nouveau-Brunswick (-3.7%).

La meilleure tenue économique de la région des Maritimes s’explique par plusieurs facteurs, à commencer par le fait qu’elle a été moins affectée par la crise sanitaire. Des éléments structurels, comme un secteur public plus important et une population plus âgée, ont également joué un rôle clé.

Pour sa part, le recul plus prononcé du Nouveau-Brunswick par rapport au reste des Maritimes est lié en grande partie—sinon entièrement—au fait que son gouvernement est celui parmi toutes les provinces canadiennes qui a le moins dépensé pour venir en aide à ses résidents et entreprises durant la crise.

Tournons-nous maintenant vers l’avenir. À peu près tous les prévisionnistes s’entendent pour dire que la taille de l’économie du Nouveau-Brunswick, à l’instar de celle de l’ensemble du Canada, devrait revenir à son niveau d’avant la crise dès cette année. Cela dit, les séquelles de la pandémie resteront parmi nous encore bien plus longtemps.

Il faut se rappeler que l’économie du Nouveau-Brunswick est abondamment soutenue par un stimulus financier fédéral sans précédent dans l’histoire d’après-guerre du Canada.

Cela se voit clairement dans les chiffres sur le marché du travail. Depuis le début de la pandémie, le Nouveau-Brunswick a perdu environ 4000 emplois. Cependant, si l’on exclut les industries gonflées à bloc par l’hélium du gouvernement fédéral et de la Banque du Canada, soit le secteur public et les entreprises liées au commerce de détail et à l’immobilier résidentiel, le Nouveau-Brunswick a perdu 13 000 emplois (environ 4% du total).

C’est donc dire que de nombreuses industries sont encore loin de s’être remises de la crise. Pourtant, de nombreux employeurs peinent déjà à trouver des travailleurs.

Plusieurs facteurs expliquent cette situation paradoxale. L’un d’eux est que cela prend du temps à certains travailleurs affectés par la crise pour se trouver un autre emploi, souvent dans une nouvelle industrie ou une autre collectivité. Ce processus d’ajustement a par ailleurs sans doute été ralenti par les mesures de soutien du revenu mis en place pour aider les travailleurs affectés par la crise.

Un autre facteur qui pèse lourd est que moins de gens viennent s’installer dans la province depuis le début de la pandémie. Juste avant la crise, en 2019, le Nouveau-Brunswick avait accueilli un nombre record d’immigrants, ce qui lui avait permis d’éviter un déclin de sa population d’âge actif. Depuis février 2020, la province a cependant perdu 3500 personnes âgées entre 15 et 64 ans.

Pour renverser la vapeur, le Nouveau-Brunswick devra mettre les bouchées doubles en matière d’immigration. Or, avec la pénurie de logements qui n’a fait que s’aggraver durant la pandémie, cela risque de se révéler tout un défi.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle