La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick et une douzaine d’organismes de la société civile acadienne rejettent le statu quo concernant la révision de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick. Pour la SANB il est nécessaire de pallier les lacunes importantes de la Loi. Le Commissariat aux langues officielles devrait notamment avoir la possibilité après une enquête d’intenter un recours devant les tribunaux. Le premier ministre aurait l’obligation dans les 30 jours après le dépôt du rapport du commissariat de déposer à l’Assemblée législative une réponse écrite.

Cette dernière recommandation de la SANB est nécessaire puisque les premiers ministres tant libéraux que conservateurs ont souvent par le passé simplement ignoré les recommandations du commissariat. Ces changements revendiqués par la société civile acadienne vont-ils être pris en compte par la juge Yvette Finn qui a été nommée l’une des deux commissaires chargés de la révision de la Loi sur les langues officielles de la province?

Il ne faudrait pas retenir son souffle puisque la commissaire Finn a laissé entendre que des changements majeurs ne seraient peut-être pas nécessaires. Elle ajoutait qu’elle ne le savait pas à ce point-ci. Toutefois, elle a laissé entendre que l’application de la Loi par les intervenants assujettis à celle-ci serait plus importante.

Il est étonnant que la commissaire Finn se soit laissé aller à des réflexions à haute voix avant même que ne débute le processus de consultation. La SANB et les partis libéral et vert ont dénoncé le processus qui se limite à un questionnaire préparé par les commissaires et mis sur un site web. Les consultations en personne ou virtuelles ne sont pas prévues.

Il ne faut pas un expert dans la lecture des feuilles de thé pour conclure que le rapport des commissaires ne va pas soulever de vagues auprès du gouvernement progressiste-conservateur et de la People’s Alliance. Les libéraux en raison de leur gestion de la question des langues officielles lorsqu’ils étaient au pouvoir n’auront pas l’autorité morale pour dénoncer le statu quo qui se profile à l’horizon. On peut rappeler que Brian Gallant avait refusé comme premier ministre la responsabilité de l’application de la Loi sur les langues officielles. Il avait confié cette tâche au ministre Donald Arseneault qui n’avait pas levé le petit doigt pour défendre la commissaire Katherine d’Entremont lorsque celle-ci avait été attaquée par des députés de l’opposition pour avoir simplement accompli son travail.

Le Parti vert est bien placé pour jouer un rôle de critique lorsque les commissaires vont déposer leur rapport d’ici le 31 décembre. Le chef vert David Coon et ses deux députés ont un bilan davantage favorable concernant la défense des droits linguistiques de la communauté acadienne et francophone.

Il est regrettable que les deux partis traditionnels qui alternent au pouvoir depuis la création de cette province soient frileux lorsqu’il s’agit d’aborder les enjeux des langues officielles. Cette question épineuse ne saurait être réglée en la balayant simplement sous le tapis.

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