Je suis actuellement à Bonavista – lieu d’arrivée de Giovanni Caboto en 1497. C’est un endroit charmant qui renaît grâce au tourisme. Ce qui frappe en arrivant, ce sont les deux gros châteaux d’eau qui surplombent la ville. Ça n’a l’air de rien comme ça, un château d’eau, mais cela m’a donné à réfléchir à l’accès à l’eau potable, droit humain fondamental selon la déclaration des Nations-Unies.

À Terre-Neuve et Labrador, il y a encore plus de 128 avertissements de bouillir l’eau avant de se laver les dents, de laver la vaisselle ou de boire et ce ne sont pas des avis ponctuels mais, en majorité, une habitude de vie. Je ne vois aucun avis similaire dans les provinces des Maritimes et c’est tant mieux. Reste la situation dans les communautés autochtones. Au Canada, 33 communautés autochtones font encore face à 52 avertissements de bouillir l’eau. Le gouvernement fédéral se réjouit que 107 avertissements de ce genre aient été levés depuis 2015, mais on est encore loin du compte.

Alors où est le problème? Dans le cas de ma province, c’est une question d’argent. La majorité des petites communautés n’arrivent pas, même avec l’aide gouvernementale, à assurer les services de purification d’eau, majoritairement de surface. En 1997, le maire de Bonavista m’avait confié que sa municipalité s’endettait tous les ans un peu plus pour fournir de l’eau potable à ses citoyens. Je crois que leur problème est à présent réglé!

Dans le cas des Autochtones, c’est plus complexe: selon l’Assemblée des Premières Nations, c’est une question de réglementations, de bureaucratie et d’incompétence. J’ajouterai que ça a souvent été aussi par discrimination systémique. J’en ai eu la preuve, en 1992, dans le village Innu de Davis Inlet au Labrador. Les maisons innues n’avaient pas l’eau courante parce qu’il y avait «trop de roche pour creuser des puits» m’avait-on expliqué. Sur place, j’étais hébergée dans la résidence du curé et, miracle! il y avait l’eau courante, tout comme chez les sœurs et à l’école d’ailleurs. Fallait-il en déduire qu’il n’y avait pas de roches sous la maison du curé, des sœurs et de l’école? Ou bien que Davis Inlet comportait deux catégories de citoyens?

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