L’ancien député fédéral de la circonscription de Tobique-Mactaquac, T J Harvey, est le premier à annoncer sa candidature à la chefferie du Parti libéral du Nouveau-Brunswick. Tout permet de croire que les libéraux ne vont pas se livrer à un couronnement comme la fois dernière avec Kevin Vickers.

Il faudra voir dans les prochains mois si la chefferie du Parti libéral va susciter l’appétit. Le grand défi des libéraux sera de faire élire des candidats dans le Sud anglophone s’ils veulent déloger les progressistes-conservateurs du pouvoir. Le candidat Harvey affirme être passablement bilingue et se veut rassembleur.

La lutte pour le leadership du parti libéral devrait culminer l’an prochain avec l’élection d’un nouveau chef qui aura deux ans pour préparer ses troupes aux élections provinciales de l’automne 2024. Ça sera l’occasion pour les militants libéraux de peaufiner leur plateforme électorale. Le prochain chef voudra-t-il amener le parti vers le centre-gauche ou le centre-droit? C’est un choix stratégique puisque les progressistes-conservateurs sont bien campés à droite alors que les verts occupent le centre-gauche.

Les candidats devront se prononcer sur les principaux enjeux auxquels la province sera confrontée au cours des prochaines années. Pour le moment, le candidat Harvey est évasif concernant plusieurs de ces défis.

La prospérité de la province passe par un accroissement significatif de sa population qui est de plus en plus vieillissante. Une politique migratoire ambitieuse devra être développée tout en étant respectueuse des deux communautés linguistiques de langues officielles. La dette publique qui frôle les 20 milliards $ en tenant compte de celle d’Énergie NB est de moins en moins soutenable. L’explosion des coûts en santé ne saurait être balayée sous le tapis.

Les tensions linguistiques constituent une menace constante à la paix sociale dans cette province. Les élections provinciales de 2018 et celles de 2020 ont révélé une fracture politique entre le Nord francophone et le Sud anglophone. Après l’adoption de la première Loi sur les langues officielles en 1969, le Nouveau-Brunswick peine encore à être véritablement officiellement bilingue. Les principales mesures concernant les deux communautés de langues officielles après l’ère du gouvernement libéral de Louis J. Robichaud ont été l’œuvre des progressistes-conservateurs.

Le prochain chef libéral aura la délicate tâche de séduire l’électorat anglophone du Sud de la province tout en conservant l’appui des francophones du Nord. cS’il est vrai que les francophones ont historiquement davantage voté pour les libéraux, les progressistes-conservateurs ont pu faire des gains électoraux importants chez ces derniers par le passé.

On peut noter la victoire historique des progressistes-conservateurs lors des élections provinciales de 1982. La main tendue à la communauté acadienne par Richard Hatfield a permis à son parti de remporter une forte majorité de sièges. Après une traversée du désert d’une dizaine d’années, les progressistes-conservateurs dirigés par un nouveau chef, Bernard Lord, remportaient en 1999 la plus grande victoire de leur histoire grâce au soutien de l’électorat francophone.

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