Le PCC, c’est du chinois

Le 1er juillet, le Parti communiste chinois (PCC) célébrait son centenaire. Compte tenu du piètre bilan en matière de longévité d’autres partis dictatoriaux à l’époque moderne, d’aucuns prédisent que l’étape actuelle du PCC pourrait en être la dernière si le renouveau néo-maoïste du président chinois Xi Jinping se révélait être la mauvaise stratégie.

Mais ceux qui, en l’Ouest, misent gros sur son imminente disparition pourraient s’en mordre les doigts. Car, malgré les multiples faux pas du Parti tout au long de son règne, il demeure une force redoutable et probablement la menace la plus sérieuse pour les États-Unis et leurs alliés occidentaux pour les années à venir.

Comparé aux autres partis totalitaires, la longévité du PCC est tout simplement exceptionnelle. Par exemple, les partis-État non communistes au pouvoir de longue date, tels que le Kouo-Min-Tang (Parti nationaliste chinois) à Taïwan ou le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) au Mexique, ont été contraints de lancer des réformes de démocratisation avant qu’elles ne perdent toute légitimité.

Les organisations communistes, comme le Parti communiste de l’Union soviétique (PCUS) dans les années 1980, ont cherché à apaiser leurs populations par le biais de réformes démocratiques limitées mais ont toutes fini par s’effondrer, balayées dans les poubelles de l’histoire par d’irrésistibles révolutions.

Depuis sa création en 1921, par Mao Zedong et onze autres camarades, le Parti communiste chinois s’est lui étendu à plus de 90 millions de membres, selon les chiffres officiels. C’est une croissance moyenne de près de 20% par an pendant 100 ans. Premier parti à avoir dirigé autant d’hommes aussi longtemps.

Pour gouverner efficacement les 1,4 milliard d’habitants, le PCC utilise des tactiques séculaires, perfectionnées avec l’aide des techniques de haute technologie. Par exemple, la formule que le gouvernement chinois emploie pour apprivoiser la dissidence sur internet rappelle L’Art de la guerre, attribué au célèbre stratège chinois Sun Tzu (544-496 av. J.-C.).

Le gouvernement chinois mobilise une police civile de plus d’un million de commentateurs sur internet pour distraire les critiques du régime par un flot de «bonnes nouvelles», au lieu de s’épuiser à s’en prendre à eux frontalement. Les récalcitrants sont punis sévèrement.

De même, la surveillance générale que le PCC exerce aujourd’hui sur la population chinoise rappelle le système omniprésent de surveillance connu en mandarin sous le nom de système baojia. Inventé sous la dynastie Qin (221 à 206 av. J.-C.), relancé sous la dynastie Song (960-1279), il a été raffiné et utilisé à grande échelle pendant la dynastie Qing (1644-1912).

Alors que, rendu à un stade de vie comparable, le Parti communiste russe était en proie à la mort, sous la direction du PCC, la Chine est aujourd’hui considérée par l’Occident comme son principal adversaire, non seulement militairement et idéologiquement, mais aussi technologiquement et économiquement.

La Chine est, de l’avis de l’économiste américain Jeffrey Sachs, «l’expérience la plus aboutie de l’histoire du développement». Le produit intérieur brut annuel chinois est passé de seulement 191 milliards $, ou 195$ par habitant, en 1980 à 14,3 trillions $, ou 10 261$ par habitant, en 2019.

Pékin a extrait environ 800 millions de personnes de la pauvreté et a transformé l’économie chinoise en une puissance de haute technologie qui est en passe d’éclipser les États-Unis. Il est aussi admis que la pandémie de Covid-19, mieux maîtrisée en Chine que dans la plupart des autres pays occidentaux, a incontestablement renforcé la légitimité du pouvoir auprès de sa population et dans une partie de l’opinion mondiale.

La Chine a battu record après record, devenant le plus grand fabricant du monde, le plus grand exportateur mondial, le plus grand marché mondial pour les véhicules, et détenant les plus grandes réserves de change du monde.

En 2014, le Fonds monétaire international a indiqué que, mesurée en parité du pouvoir d’achat, l’économie de la Chine était la plus grande au monde. Elle pourrait devenir la première économie mondiale en PIB d’ici le milieu du siècle.

Certes, la Chine a ses faiblesses. Les souvenirs du massacre de la place Tian’anmen en avril 1989, de la Révolution culturelle (1966-76) et du Grand Bond en avant (1958-62) l’obsèdent encore. À elles seules, ces deux dernières catastrophes de l’ère Mao ont coûté la vie à des dizaines de millions de personnes.

À la mort de Mao en 1976, des changements politiques et économiques sous Deng Xiaoping allaient transformer une nation appauvrie en une puissance économique mondiale.

Xi Jinping a pris le pouvoir fin 2012. Son style s’apparente de plus à celui de Mao.

Dans son discours lors des célébrations du centenaire jeudi, Xi a clairement déclaré que la Chine, son peuple et le PCC sont inséparables et qu’aucune force, nationale ou étrangère, ne peut changer un système qui a tant apporté.

Un sérieux avertissement à l’Occident!

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle