La saison estivale peut être l’occasion pour plusieurs jeunes de retrouver le plaisir de la lecture. Je propose de découvrir deux livres, l’un étant pour les lecteurs plus aguerris et le second pour les plus jeunes. Ce sont des œuvres signées par des auteurs primés qui plongent dans l’imaginaire tout en ayant un lien avec la nature.

Aurore et le pays invisible, Christiane Duchesne

Quel beau roman qui nous transporte dans un univers parallèle! L’auteure nous invite à explorer un pays en bordure du fleuve où vit un peuple miniature. Le récit prend vie dans la région du Bas-Saint-Laurent au Québec. Inspiré visiblement par les aventures d’Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll, ce roman volumineux de Christiane Duchesne raconte l’histoire d’Aurore qui vit seule avec son père depuis le décès de sa mère. Depuis qu’elle est toute petite, la jeune fille de 11 ans qui a beaucoup d’imagination parle des petits peuples invisibles dont elle invente la vie. Un soir, alors qu’elle se balade avec son père près de la falaise, son imaginaire la rattrape. Par inadvertance, elle trébuche et tombe en bas de la falaise. Dans sa chute, Aurore rapetisse jusqu’à devenir miniature. Elle sera alors adoptée par un peuple de lilliputiens dans un monde plutôt curieux où le temps s’écoule différemment.

Même si elle se lie d’amitié avec Romain, le garçon aux longues jambes, l’étrange Abel à la dent bleue et le vieil Ambroise, elle souhaite ardemment retrouver sa taille normale et rentrer à la maison auprès de son père. Or les choses ne sont pas si simples. Comment y arrivera-t-elle? C’est la première fois qu’un tel phénomène survient, affirment les êtres miniatures. Au départ, ceux-ci sont plutôt sceptiques et inquiets à son égard. Dit-elle la vérité? Vient-elle vraiment du monde des géants?

Entouré d’une falaise, de la voie ferrée et de deux rivières, leur territoire leur suffit. Ils tiennent à conserver leur mode de vie basé sur l’entraide.

Aurore, qui mesure dorénavant environ 13 cm, à peine la taille d’une marguerite, apprendra à apprivoiser ce nouvel environnement, sa famille d’accueil et à découvrir une nouvelle façon de voir le monde et la nature qui l’entoure. C’est comme si elle voyait le monde par en dessous. Avec Romain, elle entreprendra une traversée périlleuse pour qu’il puisse admirer le fleuve au-delà des frontières de son pays.

Au fil du récit, Aurore trouvera de nouvelles forces en elle, lui permettant de grandir intérieurement et d’affronter la vie.

C’est assez remarquable comment l’auteure arrive à décrire en détail cet univers parallèle et à nous faire vivre la réalité de ces êtres minuscules. On a l’impression d’y être. Les odeurs maritimes, le vent, la pluie, la neige, le quotidien des gens et l’immensité des paysages sous sa plume teintée de poésie rendent le récit fascinant même s’il y a quelques répétitions. Je dirais que c’est un roman pour tous, notamment pour ceux qui ont envie de s’évader dans un univers imaginaire où la nature occupe une grande place.

Écrivaine à la feuille de route bien garnie, Christiane Duchesne, auteure invitée au dernier Festival Frye, a publié plus de 100 ouvrages, ainsi que des textes pour la télévision, le théâtre, la radio et le cinéma. Ses romans ont été récompensés à trois reprises du Prix du Gouverneur général. (Québec Amérique, 2020). ♥♥♥♥

Le retour du capitaine Baboune, Michel Ouellette

Dans ce petit roman jeunesse de première lecture de l’auteur franco-ontarien, on retrouve le terrible capitaine Baboune qui, cette fois, a comme dessein de bouleverser le climat. Loïc et son fidèle compagnon, le petit dragon peureux Portagne des Montagnes tenteront de déjouer ses plans.

Le capitaine Baboune, dont la mauvaise humeur est légendaire, conduit une machine infernale qui sert à détourner les vents. Elle fonctionne grâce à la grognerie d’adultes mécontents de leur sort. Loïc qui peine à faire du vélo est rejoint par son ami Portagne qui lui demande de le suivre au parc parce qu’il a entendu un drôle de bruit. Ils grimperont alors à l’intérieur d’un immense pin pour apercevoir le navire du capitaine Baboune. S’en suivront plusieurs péripéties pour arriver à détruire cet engin diabolique. Ils seront aidés d’un corbeau Mélisse qui deviendra leur complice. Raconté avec humour, ce récit, quoiqu’un peu court, est bien ficelé et imagé. L’histoire rocambolesque permet aussi d’aborder des questions climatiques. On s’amuse en suivant les aventures des trois amis. De plus, le récit est assorti d’illustrations captivantes de l’artiste Réjean Roy de Petit-Rocher.

Michel Ouellette est l’auteur d’une quarantaine de pièces de théâtre, de quelques romans, recueils de poésie et contes pour enfants. Il a reçu le prix du Gouverneur général pour sa pièce French Town. Le retour du capitaine Baboune est son quatrième roman jeunesse, suite du premier volet paru en 2013. (Bouton d’or Acadie, 2021). ♥♥♥½

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