Bonnes retrouvailles familiales!

Les frontières sont ouvertes. Des membres de nos familles qu’on n’a pas vu depuis des mois vont venir. Des amis aussi. Après ces trop longs mois d’absence, de belles retrouvailles se trouvent à l’horizon de l’été. La pandémie nous a habitués aux consignes; je me permets donc le rappel de celle-ci pour des relations familiales saines.

La famille est une réalité phare pour plusieurs. Plus que jamais! Alors que plusieurs liens, en amitié ou en affaires, sont fragilisés, ceux du sang demeurent. Même après la mort.

Dans les avis de décès, ça m’étonne toujours de lire les personnes qui sont en deuil: les parents, les enfants, les frères et les sœurs.

Presque toujours, les membres de la famille sont mentionnés, peu importe le degré d’attachement avec la personne décédée.

Pourtant, certains amis sont souvent plus en deuil que des membres de la famille. Les liens du sang prédominent dans l’identité d’une personne.

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Nous pouvons avoir tendance à idéaliser les membres de nos familles. Les liens familiaux aussi! Nos attentes sont si grandes qu’on ne peut qu’être déçues parfois. Lorsque l’autre nous déçoit, ce n’est pas seulement à lui (ou à elle) qu’on devrait en vouloir, mais aussi à soi.

Nous demandons peut-être à l’autre une conformité avec nos propres points de vue ou avec nos croyances, ce qui n’est pas toujours possible.

Ni même souhaitables sous le couvert d’une concorde factice.

Nos relations familiales ne sont pas toujours ce que nous voudrions qu’elles soient. Ce qui nous fait mal, ce n’est peut-être pas tant qu’elles soient imparfaites, mais c’est d’avoir imaginé qu’un bagage génétique commun annihilait les différences entre nous. Nous sommes blessés intérieurement parce que nous trouvons des failles sur un trésor qu’on croyait immaculé.

C’est normal de ne pas partager les mêmes goûts, les mêmes opinions ou les mêmes croyances. On oublie cela en famille: notre ADN ne renferme pas des attitudes, pas plus un credo. Il peut être tentant de vouloir que l’autre adhère à nos choix et à nos opinions. Ce n’est pas réaliste de penser ainsi.

Parfois, l’intérêt de l’autre ou le bien commun exige de notre part une parole honnête pour faire connaître notre point de vue. Cela sera d’autant mieux accueilli si l’amour précède notre discours. Les relations sont moins superficielles, plus vraies et authentiques, lorsqu’elles sont capables d’assumer les divergences d’opinions. Consentir à des relations imparfaites ou brisées, c’est le premier pas pour s’y engager et les rendre plus belles.

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L’amour va au-delà des divergences d’opinions. C’est alors qu’on mesure sa grandeur. Jésus disait: «Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel mérite avez-vous?» (Mt 5, 46)

Nous pourrions renchérir: «Dans vos relations, si vous ne recherchez que la compagnie des gens qui pensent comme vous, quel mérite avez-vous?»

Pour faire évoluer nos relations interpersonnelles, il faut aller à consentir à ce qu’il peut y avoir de négatif dans la vie de mon frère ou ma sœur. Sans essayer de changer l’autre à tout prix, être conscient qu’il y a des choses difficiles, et essayer de créer du positif avec cela.

Avoir l’imagination suffisamment fertile pour faire du neuf avec des situations qui ont mal vieillies. Au lieu d’attendre que ma famille soit telle que je voudrais qu’elle soit pour s’y engager, prendre ma place pour la rendre plus belle et nourrissante aujourd’hui.

Au lieu de redouter la compagnie de certains, pourquoi ne pas choisir d’habiter ce lieu intime à nous-mêmes qui nous garde dans une communion en dépit des différences? L’unité entre nous, ce n’est pas l’uniformité. C’est la capacité de miser sur ce qui dépasse les particularités. C’est privilégier ce que nous avons en commun.

Des parents et des amis viennent vers nous. Nous avons hâte de les revoir. Nous pouvons appréhender ces rencontres. Elles seront belles et nourrissantes dans la mesure où nos attentes seront réalistes et à hauteur humaine.

Bonnes retrouvailles!

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