Est-ce possible de vivre toujours le moment présent? Une question que l’on peut se poser en lisant le nouveau roman d’Alexandre Jardin qui traite d’une histoire d’amour extrême. Pour compléter le tout, je vous invite à découvrir les inventions musicales de l’ensemble de jazz Cordâme.

La Plus-que-vraie, Alexandre Jardin

Les vraies histoires d’amour existent-elles? C’est ce que tente de démontrer l’écrivain français dans son tout nouveau roman.

Celui qui nous avait offert le magnifique Le zèbre (Prix fémina) dans lequel un homme entend reconquérir sa femme par divers stratagèmes romantiques et rocambolesques, explore une fois de plus la thématique de l’amour, mais en poussant la chose presque à l’extrême et surtout sans modération.

Le romancier Frédéric Sauvage fait la rencontre d’Alice alors qu’il vit une relation destructrice avec son épouse. L’écrivain qui ne croyait plus à l’amour sauf dans ses romans va le réinventer avec Alice. Cette rencontre imprévisible et hors de l’ordinaire va bouleverser leur vie. «Se quitter 58 fois/Se retrouver 59 fois…», voici deux des règles qu’ils s’imposent. Ils vont vivre une passion folle qui s’étendra sur quatre saisons et qui les mènera jusqu’aux confins du Pacifique Sud. Les deux amoureux ont banni de leur vocabulaire les mots suivants: «modération, précaution, limitation…». Ils rejettent la routine et veulent tout réinventer. «L’essentiel est de savoir vivre follement et d’aimer librement, de vivre librement et d’aimer follement… Exigeons la folie. La folie d’un amour fou», écrit Alice à son amoureux.

Écrit à quatre mains avec Alexandra Sauvêtre, ce récit met en lumière l’importance de vivre au présent et pleinement, de se délester des contraintes du temps. La particularité de cette histoire réside dans le fait qu’elle est présentée aussi sous la perspective d’une femme qui vient remuer les idées du romancier.

Avec cette nouvelle œuvre, on retrouve la fougue, les envolées et la plume poétique teintée d’autodérision d’Alexandre Jardin. Je dois admettre qu’on a parfois de la difficulté à croire à cette expédition romantique insensée qui finit par avoir un lien avec un de ses romans précédents L’île des gauchers. Et pourtant, j’admire le style d’Alexandre Jardin qui arrive à jongler avec les mots, à leur donner une ampleur étonnante, mais cette fois-ci, j’ai été un peu déçue. Auteur d’une vingtaine de romans et de trois essais, Alexandre Jardin qui a donné une conférence au Festival Frye à Moncton en 2009 est l’un des initiateurs du mouvement Lire et faire lire en France qui, par la suite, a vu le jour en Acadie. (Éditions Albin Michel, 2021).  ♥♥♥½

Cordâme, Da Vinci inventions

J’ai découvert cet ensemble récemment, bien qu’il ait déjà huit albums à son actif. Est-ce de la musique de chambre ou du jazz? Ce sont les deux, voilà l’originalité de ce sextuor montréalais (violon, contrebasse, violoncelle, batterie, harpe, voix). Mariant la musique ancienne au jazz, cette formation a fait paraître un nouvel opus au début de l’été qui s’inspire de la renaissance italienne. C’est d’une grande beauté. À travers les 13 pièces du disque, on voyage en Italie sur des compositions originales du contrebassiste Jean Félix Mailloux, orchestrées savamment. Pour créer ce projet, le compositeur s’est plongé dans l’univers de Leonardo Da Vinci en écoutant beaucoup de musique et en lisant sur son histoire et sa vie, apprend-on dans la présentation du projet. En s’inspirant de poèmes et de musiques de l’époque, il a créé de nouvelles œuvres musicales sur des textes poétiques italiens. À cette musique ancienne, viennent se greffer des sonorités jazz qui donnent du souffle à l’ensemble du voyage.

La chanteuse de jazz Coral Egan qui a une voix céleste révèle une nouvelle facette de son talent. C’est résolument le clou de ce disque qui offre une musique pleine de contrastes, de richesse dans les textures et d’émotions. Les mélodies peuvent être douces, mais aussi percutantes avec des envolées grandioses. L’ensemble nous convie à un moment magique, idéal pour la saison estivale. Parmi les pièces à retenir, Arbor felice qui parle de la grandeur de l’Italie en faisant une métaphore avec l’arbre qui prend ses racines dans l’Empire romain. ♥♥♥♥

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