Les excuses sont-elles futiles?

«La paix n’arrive jamais par surprise. Elle ne tombe pas du ciel comme la pluie. Elle vient à ceux qui la préparent.» – Tecumseh

Tu ne me regardes pas
tu ne me vois pas
tu ne m’entends pas
tu ne m’écoutes pas
tu ne me parles pas
tu es ici en conquérant de ma Terre
tu m’emprisonnes dans ma Terre
tu me prives de mon identité
tu me prives de mon territoire
tu m’enchaînes dans des réserves que tu as créées
tu veux être maître de mon esprit qui suis-je?

Voilà un extrait d’un poème poignant de Joséphine Bacon, poète innue.

J’ai repéré ses paroles dans un recueil de poésie, coécrit avec un poète québécois, qui fait preuve d’une précieuse complémentarité. (Bacon, J. et Acquelin, J., Nous sommes tous des sauvages, 2011)

Je suis assise dehors, songeant à la tragédie des pensionnats autochtones et aux récentes découvertes macabres.

J’imagine mes enfants se faire arracher de mes bras et être emmenés loin de moi… afin d’être scolarisés (lire: brutalement assimilés).

J’imagine ne plus jamais les revoir. J’imagine alors les mille miettes de mon cœur.

Je n’arrive pas à concevoir ce qu’ont ressenti les parents. C’est trop inconcevable.

Un aigle vole soudainement tout près de moi.

Un oiseau qui est un symbole sacré pour les Autochtones.

Cet aigle me rappelle la liberté, ou plutôt la privation de liberté.

S’excuser

S’excuser ne règle pas tout. S’excuser n’efface pas la douleur. S’excuser ne fait pas oublier la souffrance. S’excuser ne change pas le passé.

À ce sujet, mon fils me questionne:

– Pourquoi Justin Trudeau a présenté ses excuses aux pensionnaires autochtones? Il était impliqué?!

– Pas directement. Mais le premier ministre est canadien et, aujourd’hui, il représente le gouvernement fédéral; bien entendu, les Canadiens et le gouvernement avaient été impliqués dans cette tragédie historique et politique. D’une certaine façon, c’est le Canada qui s’excuse. C’est important.

– Alors pourquoi le pape ne s’excuse-t-il pas pour son implication indirecte?

– Oh! je ne saurais te dire. Ce n’est pas toujours facile de s’excuser parce que cela implique pleinement reconnaître qu’un tort a été fait. Hélas, on préfère parfois fermer les yeux un peu. C’est triste, n’est-ce pas?

Moi, je m’excuse. Mes aïeux canadiens-français ont leur implication dans ce génocide (culturel), comme nous tous, Canadiens et Canadiennes. Quand je pense à ces familles autochtones qui ont été déchirées et à mes enfants, qui sont près de moi, libres, je suis si profondément désolée.

Même si les excuses n’effacent pas la douleur, elles représentent un tout petit pas vers le changement. Vers la fraternité. Vers la compassion. Vers la paix.

Continuons d’avancer vers la réconciliation!

Défi de la semaine

Lisez un ouvrage, écoutez une chanson ou regardez un documentaire qui a été réalisé par des Autochtones et qui traite de leur histoire. Ce sont de vraies révélations.

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