Si les rumeurs qui circulent se révèlent vraies, on peut s’attendre à ce que la Fête nationale de l’Acadie, ce dimanche, soit le moment pour Justin Trudeau d’aller saluer Son Excellence, Mary Simon, à Rideau Hall. Ce sera l’occasion non pas de l’inviter au Tintamarre, mais de lui demander de dissoudre le Parlement, déclenchant du coup une élection générale fédérale.

La date du scrutin serait déjà fixée au 20 septembre prochain, ce qui aura comme résultat une campagne-éclair de 36 jours – la plus courte période de campagne autorisée par la Loi électorale canadienne.

Les Canadiens ont rarement beaucoup d’appétit pour les élections, mais c’est d’autant plus vrai en ce moment. Selon un sondage récent de la firme Nanos, près de trois-quarts d’entre eux sont opposés à l’idée de se présenter aux urnes cet automne. La quatrième vague de COVID-19 qui point déjà à l’horizon n’a rien pour les faire changer d’avis, donnant à cette campagne électorale des allures de roulette russe. L’opposition capitalise déjà sur ce sentiment: tant les néodémocrates, pourtant en bonne posture dans les sondages, que les conservateurs, qui au contraire, font piètre figure dans les intentions de vote, tentent de faire porter l’odieux de cette élection «frivole» à leurs yeux sur les épaules des libéraux. Un message qui pourrait bien résonner particulièrement fort auprès des électeurs advenant une éclosion de mi-campagne comme celle qui a accablé Terre-Neuve-et-Labrador, l’hiver dernier.

De quoi parlera-t-on durant cette campagne? De l’après-COVID, assurément. Les annonces du budget du printemps dernier en matière de relance économique seront recyclées en promesses électorales – tout comme ce fameux projet de loi sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles, dont le dépôt à la Chambre des communes en juin dernier assurait la mort au feuilleton.

On parlera aussi sans doute de changements climatiques. Entre les feux de forêt dévastateurs et la sécheresse accablant les agriculteurs cet été, les Canadiens se disent plus préoccupés que jamais par cette question. Les libéraux auront là un bilan mitigé à défendre, trahissant un écart entre le discours du parti et ses actions concrètes depuis 2015.

Enfin, le recouvrement de milliers de tombes non marquées d’enfants autochtones un peu partout au pays dans les derniers mois forcera certainement à l’avant-scène la question de la réconciliation avec les peuples autochtones – un autre enjeu sur lequel Justin Trudeau a fait d’importantes promesses, dont certaines, comme la garantie d’accès à l’eau potable sur toutes les réserves indiennes du pays, ne demeurent encore que partiellement remplies.

Mais au-delà des enjeux, les sondages nous indiquent que cette élection sera moins une joute entre partis politiques qu’un référendum sur la gouvernance des libéraux. Les Canadiens sont-ils prêts à octroyer à M. Trudeau un gouvernement majoritaire? La crise de la COVID-19 a-t-elle permis au Parti libéral de redorer son image à tel point que les électeurs sont prêts à lui donner à nouveau les rênes du pouvoir, sans condition? Voilà ce que sera réellement la question du scrutin.

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