Les trois premières phases de l’Univers cinématographique Marvel ont culminé avec la fin du méchant Thanos dans Avengers: Endgames (2019). S’amorce maintenant une nouvelle et gigantesque tapisserie qui s’étalera sur une ou deux dizaines de films. C’est dans ce contexte que nous arrive Shang-Chi and the Legend of the Ten Rings (en salle depuis vendredi).

Héros plus ou moins connu du grand public, Shang-Chi a fait ses débuts dans la mythologie Marvel en 1973.

Réponse de la «Boîte à idées» à la popularité de Bruce Lee et des arts martiaux en général chez le public américain, le héros chinois était à ses débuts le fils du très stéréotypé personnage Fu Manchu.

Rectitude politique et droits d’auteurs ont plus tard changé les origines de Shang-Chi – en en faisant le fils du Mandarin – et c’est cette genèse que nous raconte le 25e film (déjà!) de l’Univers cinématographique Marvel.

On y fait la connaissance de Shaun (le malheureusement très peu charismatique Canadien Simu Liu), un Chinois qui s’est exilé à San Francisco après un différend avec son père – un guerrier qui tire sa puissance et son immortalité de dix anneaux mystérieux.

Un jour, Shaun est attaqué dans un autobus. Il réalise alors que ses assaillants vont probablement s’en prendre à sa soeur, qui elle vit toujours en Chine.

Shaun et son amie Katy (la rappeuse Awkwafina, qui est à l’origine de 80% de l’humour du film) s’envolent donc pour Macao.

Sur place, ils découvrent que le père de Shaun complote afin de conquérir un petit royaume magique totalement caché du monde.

Après avoir renié et enfoui ses racines guerrières pendant des années, Shaun (alias Shang-Chi) aura-t-il le courage d’assumer son identité de combattant?

Oriental

Avec sa distribution fortement asiatique, son réalisateur (Destin Daniel Cretton) d’origines japonaises, ses décors très orientaux et ses dragons (!), Shang-Chi and the Legend of the Ten Rings est la tentative la plus assumée jusqu’ici de Marvel de conquérir le très lucratif marché chinois.

Les plus cyniques sourcilleront peut-être. Personnellement, j’y vois une belle occasion d’ajouter une très bienvenue diversité dans un univers beaucoup trop blanc et anglo-saxon.

Le film est d’ailleurs un long hommage à la culture asiatique et évite de tomber dans les stéréotypes.

Le refus de finir

Même si l’oeuvre présente les origines de Shang-Chi, il n’emprunte pas nécessairement le schéma narratif auquel Marvel nous a habitués.

Le film nous propose plusieurs retours en arrière et diffère de la masse en ne s’appuyant pas sur un enjeu clair (par exemple, la fin du monde) et un méchant caricatural.

J’aimerais vous dire que le nouveau Marvel déborde d’action et d’humour du début à la fin, mais ce n’est malheureusement pas le cas.

Le premier acte nous propose deux très visuellement réussies bagarres (une à San Francisco, l’autre à Macao). Le troisième tiers, lui, est consacré à une longue bataille.

Si ces moments sont exaltants, on ne peut pas en dire autant de l’heure qui les sépare. On a alors droit à beaucoup de bavardage, de questionnement et d’introspection.

Le combat final est lui aussi trop long. On a l’impression d’assister à un film qui refuse de finir tellement la sauce devient étirée..

Heureusement, l’oeuvre de Cretton a plus de portée que le film Marvel conventionnel avec son intéressante réflexion sur l’identité: sommes nous vraiment destinés à être le fruit de nos ancêtres et de notre passé?

Effets spéciaux bipolaires

Bref, si on fait exception du deuxième acte, Shang-Chi est un bon divertissement.

Empruntant à Mortal Kombat, Godzilla, The Matrix et Crouching Tiger, Hidden Dragon notamment, c’est peut-être le film d’arts martiaux dont les chorégraphies sont les plus audacieuses de l’histoire – bien que j’admette ne pas être un spécialiste.

Je n’ose même pas imaginer toutes les heures de répétition qui ont été nécessaires pour exécuter ces cascades avec succès.

Malheureusement, les effets spéciaux ne sont pas toujours à la hauteur de ce à quoi nous a habitués Marvel.

C’est comme si certaines scènes n’avaient pas reçu une attention optimale en postproduction. Étrange.

Reste que cette introduction de Shang-Chi est pour le moins spectaculaire. Pas de doute, ce personnage sera appelé à jouer un rôle prédominant dans un univers qui nous promet pas moins de dix films (et plusieurs séries télévisées) au cours des trois prochaines années.

(Trois étoiles sur cinq)

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