Justin Trudeau pourra-t-il remporter son pari de former un gouvernement majoritaire le 20 septembre? Tout comme Stephen Harper en 2008, il n’a pas respecté la Loi sur les élections à date fixe. Comme la constitution, qui est la loi fondamentale au pays, stipule que la durée d’une législature est d’un maximum de 5 ans, il n’y aucun recours juridiques lorsqu’un premier ministre décide la tenue d’élections avant 4 ans.

Les électeurs en 2008 ont refusé de donner un gouvernement majoritaire à Stephen Harper. Toutefois, les conservateurs ont pu faire élire 19 députés de plus qu’en 2006. Stephen Harper a pu conserver son poste et faire élire un gouvernement majoritaire en 2011.

Sans l’avouer ouvertement, Justin Trudeau a décidé de déclencher des élections hâtives afin de former un gouvernement majoritaire.  S’il devait échouer et se contenter d’un autre gouvernement minoritaire, quel pourrait être son avenir politique? Sa situation serait particulièrement précaire s’il faisait élire moins de députés qu’en 2019.

Les prochains jours de la campagne électorale s’annoncent décisifs pour les chefs des principaux partis politiques. L’Atlantique avec ses 32 sièges devrait être courtisée autant par les libéraux, les conservateurs et les néo-démocrates. On peut se rappeler que les libéraux avaient raflé tous les sièges de la région en 2015. Lors des élections de 2019, ceux-ci y avaient perdu une demi-douzaine de sièges.

Dans la dernière ligne droite avant le scrutin du 20 septembre, Justin Trudeau jouera en défensive dans l’Atlantique afin de minimiser ses pertes potentielles. Erin O’Toole et Jagmeet Singh seront à l’offensive pour y faire des gains.

Plusieurs circonscriptions seront à surveiller. Dans la région métropolitaine d’Halifax des luttes intéressantes se dessinent entre les libéraux et les néo-démocrates. Le NPD aimerait bien reconquérir la circonscription d’Halifax qui a longtemps été détenue par son ancienne cheffe, Alexa McDonough. Les conservateurs ont jeté leur dévolu sur plusieurs circonscriptions rurales de la Nouvelle-Écosse qu’ils voudraient ravir aux libéraux.

Le Nouveau-Brunswick n’est pas en reste. La division du vote progressiste entre les libéraux, les néo-démocrates et les verts pourrait permettre à des candidats conservateurs de se faufiler en première place. Trois circonscriptions sont particulièrement à surveiller.

Fredericton avait fait élire à la surprise générale en 2019 une candidate verte qui a rejoint depuis les rangs des libéraux. Cette circonscription devrait être sur le radar national des libéraux et des conservateurs. Miramichi-Grand Lake est l’objet d’une lutte à finir entre un ancien ministre progressiste-conservateur et une ancienne ministre libérale à Fredericton. Saint-Jean-Rothesay est une circonscription où l’ancien maire de la Ville de Saint-Jean, Mel Norton, talonne le député libéral sortant Wayne Long. Celui-ci avait été élu une première fois en 2015 à la faveur du balayage libéral en Atlantique. Il avait pu se faire réélire avec une majorité réduite en 2019.

La région atlantique devrait donner le ton à la soirée électorale du 20 septembre. Si les libéraux peuvent y minimiser leurs pertes, les troupes de Justin Trudeau pourront pousser un soupir de soulagement.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle