Comme les chefs de tous les partis d’opposition, bon nombre de Canadiens ont remis en question la décision du premier ministre Justin Trudeau de déclencher des élections en pleine pandémie.

Normalement, lorsqu’un gouvernement minoritaire appelle les électeurs aux urnes avant la fin de son mandat, il prend auparavant le soin d’expliquer pourquoi son statut en chambre l’empêche de gouverner efficacement. Il se peut même qu’il tente de manufacturer une impasse politique. On se rappellera que c’est ainsi que le premier ministre Blaine Higgs, ressuscité par la pandémie, a procédé l’an dernier.

Cette approche n’était cependant pas disponible pour Justin Trudeau. Fier de son bilan—et tout particulièrement de son dernier budget qui lui a servi de plateforme électorale—celui-ci ne voulait certes par en partager le crédit avec les partis d’opposition. Il n’était donc pas question pour lui de signaler aux Canadiens qu’il aurait gouverné différemment s’il avait joui d’une majorité en chambre.

C’est donc plutôt en nous disant que nous sommes à la croisée des chemins et que de grandes décisions doivent être prises pour mener le Canada à bon port que Trudeau a justifié son appel aux urnes.

L’ironie avec cette excuse, c’est que personne n’a vraiment remis en question les grandes lignes de l’approche des libéraux pour gérer la pandémie et relancer l’économie, pas même durant la campagne électorale. Au contraire, loin d’offrir une véritable alternative, les conservateurs nous ont promis d’être plus libéral que les libéraux s’ils sont élus.

Bien sûr, des différences importantes entre les partis ont été mises en évidence durant la campagne. Ce fut le cas notamment pour les changements climatiques ou encore les garderies à 10 dollars. Mais dans les deux cas, le travail du gouvernement progressait bien avant l’annonce du scrutin alors que les conservateurs veulent effectivement faire marche arrière. Pourquoi donc leur en offrir l’occasion en déclenchant des élections?

La réponse, comme tout le monde le sait, est que les libéraux de Trudeau convoitaient un gouvernement majoritaire. Dans son calcul, Trudeau et ses conseillers estimaient qu’il était sans doute préférable d’aller aux urnes juste après avoir annoncé une avalanche de dépenses que plus tard, lorsqu’arrivera le moment de payer la note.

Cela dit, Trudeau a raison quand il affirme que l’heure est aux choix et que de grandes décisions s’imposent. Pour une région moins nantie comme les Maritimes, le gouvernement fédéral a toujours été d’une importance capitale. C’est particulièrement le cas cette fois-ci. En effet, l’avenir de notre région va se jouer en grande partie sur ce que fera ou non Ottawa dans trois grands dossiers: l’immigration, le financement des soins de santé et le logement.

En immigration, il est fort difficile de savoir où campent les trois principaux partis puisque leurs plateformes sont silencieuses sur ce qui compte le plus, soit le nombre de nouveaux arrivants que le Canada compte accueillir annuellement.

Au niveau du financement de la santé, à peu près tout le monde s’entend pour augmenter les transferts fédéraux. Aucun des trois grands partis ne s’est toutefois engagé à tenir compte de la démographie dans la répartition des fonds, une question tout aussi, voire encore plus importante pour notre région.

Enfin, au niveau du logement, les plateformes des partis sont un peu plus claires. En ce qui a trait au logement abordable, c’est le NPD qui offre des solutions qui reflètent le mieux l’ampleur du défi.

Cela dit, quels que soient les enjeux qui nous interpellent en tant qu’Acadiens, résidents des Maritimes et Canadiens, avec le rideau qui tombe sur la campagne électorale, la parole est maintenant à nous. Soyons nombreux à nous exprimer!

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