Comme c’est le cas pour le 87 de Sidney Crosby depuis maintenant un an, les amateurs de hockey n’auront plus à chercher le numéro 4 sur une patinoire de la LHJMQ. À compter de jeudi soir, toutes les formations du circuit remiseront à jamais le numéro porté par le légendaire Guy Lafleur avec les Remparts de Québec, lors des premières saisons du circuit.

Je vous ai déjà dit dans ces pages tout le bien que je pense du Démon Blond. Il a été, comme c’est le cas pour plusieurs maniaques de hockey de ma génération, une idole de jeunesse. Combien de fois, en ruinant mes cartes de hockey sur le plancher du salon, n’ai-je imité René Lecavalier en y allant de monologues ressemblant à ceci: «Lafleur, la passe à Lemaire qui la remet aussitôt à Robinson. Le grand 19 renvoie le disque à Lapointe à l’autre bout de la ligne bleue. Pointu repasse à Shutt qui y va d’un boulet. Superbe arrêt d’Esposito! Lafleur s’empare du long retour, il virevolte devant Magnuson qu’il déjoue finalement d’une feinte magistrale à la grande joie des partisans qui se sont levés pour l’acclamer. Lafleur fait mine de passer à Shutt, mais décide de conserver la rondelle. Il se présente seul devant le grand Tony O. Une feinte… et c’est le but!!!!!!».

Que de beaux souvenirs je conserve de mes parties improvisées, au grand dam de ma regrettée maman qui devait sûrement se demander quelle énergumène elle avait mis au monde.

J’avais à peine 10 ans que je connaissais déjà à peu près tout des exploits de Guy Lafleur. Je savais qu’il avait dominé effrontément le célèbre tournoi international pee-wee de Québec, puis brûlé la LHJMQ avec deux saisons consécutives de plus de 100 buts, dont la dernière avec 130. Je savais aussi qu’il avait enregistré plus de 200 points à sa dernière campagne avec les Remparts, avant d’être le tout premier joueur réclamé par le CH en 1971.

Je savais également qu’il idolâtrait lui-même Jean Béliveau et qu’il souhaitait porter le numéro 4 à son tour avec le Canadien, comme c’était le cas chez les Remparts. Malheureusement (ou heureusement), l’organisation du Bleu Blanc Rouge a décidé de retirer le chandail du Gros Bill le même soir que Lafleur faisait ses débuts dans la LNH avec le numéro 10, soit le 9 octobre 1971.

Je me souviens encore très bien quand Lafleur a décidé de ne plus jouer sans son casque et de patiner avec sa longue crinière blonde dans le vent. C’était à l’aube de la saison 1974-1975, sa quatrième après trois premières campagnes couci-couça. C’est là que l’ère du Démon Blond a démarré avec six saisons de suite de plus de 50 buts et 100 points. Le voir patiner à toute vitesse avec la rondelle est une image qui a été tellement marquante que nous n’avons pas manqué de le souligner lorsqu’Alexei Kovalev, qui venait de perdre son couvre-chef après une mise en échec par un joueur des Bruins de Boston en avril 2008, a failli faire exploser le Centre Bell en marquant un but de toute beauté devant Tim Thomas. Un but comme l’avait si souvent fait le Flower dans le temps.

Mercredi soir, dans le cadre d’une cérémonie spéciale, l’organisation des Olympiques de Gatineau a parti le bal en rendant un vibrant hommage à Lafleur en hissant son numéro 4 au plafond du Centre Slush Puppie, le nouvel domicile tout beau tout neuf de l’équipe qui quitte le Centre Robert-Guertin, le Vieux Bob comme tout le monde l’appelait.

Rien de plus normal que les célébrations débutent à Gatineau puisque Lafleur est un petit gars de l’Outaouais. De Thurso en fait. C’est dans ce coin de pays que tout a commencé pour lui.

Lafleur, dont l’état de santé inquiète en raison d’un cancer des poumons, était grandement ému.

Comme toutes les autres équipes de la LHJMQ, l’organisation du Titan d’Acadie-Bathurst entend également souligner le retrait du numéro 4. Ça ne se fera probablement pas vendredi soir, mais un peu plus tard cet automne.

Justement à ce sujet, saviez-vous que l’ancien du Titan Sam McKinney pourra désormais se vanter de faire partie des derniers joueurs à avoir porté le numéro 4 dans la LHJMQ? C’est en effet le numéro que portait le Néo-Brunswickois de Fredericton avec les Wildcats de Moncton la saison dernière.

Pour terminer, j’ai fait une petite recherche afin de retrouver tous les joueurs des Wildcats, du Titan et des Sea Dogs qui ont porté le numéro 4 au fil des ans.

Ça m’a permis de découvrir quelques trucs qui pourraient devenir de belles questions pour les partisans des deux équipes afin de tester leurs connaissances. Par exemple, on dénombre deux Andrew MacDonald, tous deux originaires d’Antigonish, qui ont porté le 4 chez les Wildcats. Le premier, qui a depuis été oublié, a disputé 32 rencontres en 1998-1999. Le deuxième, nettement plus talentueux, a disputé plusieurs saisons dans la Ligue nationale, et a porté les couleurs des Wildcats de 2005 à 2007.

Les autres joueurs qui ont porté le 4 chez les Wildcats sont Ben Berthiaume, Thierry Kaszap, Andrew Carver, Alex Pianosi, Jeff Bell, Tyler Howe, Jacob Sweeney, Noah Masie, Jacob Arsenault, Aleksi Anttalainen et l’Acadien Jonathan Desrosiers. Vous pouvez ajouter à cela le géant Frank Appel avec les Alpines de Moncton.

En ce qui concerne le Titan, la liste comprend Martin Lavergne, Luc Ratelle, Antoine Bergeron, Colin Keith, Daniel Robert, l’Acadien Billy Bezeau, Nicolas Sigouin, Olivier Jannard, Samuel Lachance, Jordan Moore, Samuel Robert, Yan Dumontier, Nicolas Latulippe, Alex Pisarik, Jason Bell et Jérôme Gravel.

Enfin, chez les Sea Dogs, Ryan Sparling, Guillaume Cloutier, Éric Gélinas, Ian Saab, Ryan Kelly, Will Thompson, Braydon Blight, Vincent Martineau, Simon Bourque, Tyler Smith, Benjamin Gagné, Matt Gould et Brandon Casey ont porté le 4.

Outre Guy Lafleur, les plus célèbres joueurs qui ont porté le numéro 4 dans la LHJMQ sont Vincent Lecavalier, de l’Océanic de Rimouski, Bob Murray, des Royals de Cornwall, Normand Aubin, des Black Hawks de Verdun, Billy Campbell, des Juniors de Montréal et des Juniors de Verdun, ainsi que Danny Groulx, des Tigres de Victoriaville. Notons également qu’Alain Vigneault (Olympiques de Hull) et Stéphane Quintal (Bisons de Granby) ont aussi endossé ce numéro dans la LHJMQ. Idem pour l’ancienne vedette des Aigles Bleus de l’Université de Moncton Dany Gauvin (Cataractes de Shawinigan).

Mes prédictions pour 2021-2022 dans la LHJMQ

La division Maritimes est évidemment celle qui nous intéresse le plus et ça adonne bien puisque c’est dans celle-ci que le classement risque d’être le plus serré.

En fait, ça va tellement être difficile de terminer au premier rang que je m’attends à ce que seulement une poignée de points séparent les trois premières équipes.

En raison de leur brigade défensive qui est à mon avis la meilleure du circuit, j’y vais avec les Islanders de Charlottetown au premier rang. Quand tu as un top-4 défensif composé de Lukas Cormier, Noah Laaouan, William Trudeau et Oscar Plandowski, tu es vraiment équipé pour aller à la guerre. Et leur attaque avec les Xavier Simoneau, Brett Budgell, Patrick Guay, Sam Oliver, Patrick LeBlanc, Ben Boyd et Jakub Brabenec va faire des dégâts. Le seul point d’interrogation se trouve devant les buts alors qu’Oliver Satny et Jacob Goobie n’ont encore rien prouvé.

Les Sea Dogs de Saint-Jean et le Titan d’Acadie-Bathurst ne seront toutefois pas très loin derrière les Insulaires. Les Sea Dogs ont à mon avis la meilleure offensive de la ligue avec les Peter Reynolds, Ryan Francis, Brady Burns, Josh Lawrence, William Dufour, Cam MacDonald et Yevgeni Sapelnikov, sans oublier les arrières William Villeneuve, Jérémie Poirier et Charlie DesRoches qui n’hésitent jamais à appuyer l’attaque. Ils ont aussi un excellent gardien en Jonathan Lemieux.

Le Titan, lui, mise bien sûr sur un groupe d’attaquants de premier plan avec les Hendrix Lapierre, Riley Kidney, Bennett MacArthur, Jacob Melanson, Cole Huckins et Ben Allison, entre autres. En défensive, le top-6 composé de Jaxon Bellamy, Cole Larkin, Harijs Brants, Zach Biggar, Marc-André Gaudet et Lane Hinkley n’est pas vilain. Devant le filet, Jan Bednar occupera la première chaise, mais Chad Arsenault a déjà démontré qu’il était capable de s’illustrer.

Et entre vous et mois, je serais le dernier surpris si jamais les jeunes Mooseheads de Halifax s’invitent à la fête. Ils sont du moins, à mes yeux, assurés de la quatrième position.

Les Wildcats de Moncton et les Eagles du Cap-Breton, qui vont donner plus de fil à retordre que les gens s’imaginent, fermeront la marche.

En ce qui concerne les trois autres divisions, le titre dans l’Est ne devrait être qu’une formalité pour les Remparts de Québec. L’Océanic de Rimouski, le Drakkar de Baie-Comeau et les Saguenéens de Chicoutimi suivront dans l’ordre.

Dans la section Centrale, j’y vais avec les Cataractes de Shawinigan au premier rang. Le Phoenix de Sherbrooke, les Voltigeurs de Drummondville et les Tigres de Victoriaville occuperont les échelons suivants.

La division Ouest sera l’affaire des jeunes mais combien talentueux Olympiques de Gatineau. Ils seront suivis des Foreurs de Val-d’Or, des Huskies de Rouyn-Noranda et de l’Armada de Blainville-Boisbriand.

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