Quand la partie la plus originale d’un film est aussi la plus ennuyeuse, vous savez que vous n’avez pas passé la meilleure des soirées. C’est le cas avec No One Gets Out Alive, une oeuvre d’horreur mise en ligne sur Netflix mercredi.

Réalisé par le Montréalais Santiago Menghini, le film d’une durée de 90 minutes raconte l’histoire d’Ambar (Cristina Rodlo, Miss Bala), une Mexicaine qui immigre illégalement aux États-Unis.

Établie à Cleveland, Ambar travaille dans un entrepôt de couture. Faute de moyens ou de citoyenneté, la jeune femme n’a d’autres choix que de vivre dans une maison de chambres lugubre tenue par deux frères patibulaires.

Peu à l’aise dans cette demeure, Ambar commence à craindre pour sa sécurité, d’autant plus qu’elle entend des pleurs la nuit, qu’elle assiste à d’étranges phénomènes et qu’elle est victime de cauchemars morbides.

La pauvre Ambar est loin de se douter à quel point ses craintes sont fondées…

Banal et mal écrit

No One Gets Out Alive est un film ennuyeux. Il ne se passe pratiquement rien dans la première demi-heure, si ce n’est des bruits qu’Ambar entend.

C’est pourtant la partie la plus intéressante de l’oeuvre, alors qu’on est témoins de plusieurs dangers – réels – qui guettent les immigrants illégaux qui s’installent aux États-Unis. Ces gens n’ont aucun droit, aucun recours et sont d’une vulnérabilité que je ne soupçonnais pas.

Malheureusement, cet angle du film n’est à peu près pas développé. L’occasion aurait pourtant été belle d’en faire une métaphore originale sur les périls de l’immigration.

Adapté d’un roman d’Adam Nevill, le film de Menghini souffre d’un scénario bancal qui manque cruellement de raffinement.

Il est d’abord très difficile de s’identifier à Anbar parce qu’on ne sait à peu près rien d’elle, de sa vie ou de ses aspirations.

Le film souffre également d’un manque d’originalité dans le sens où il se limite à imiter le pire du genre en s’appuyant sur des éléments clichés comme une malédiction ancienne et exotique, une maison hantée, une jeune femme en détresse et des lumières qui clignotent… Quel manque d’audace!

Si tout cela suffisait il y a 40 ans pour justifier l’existence d’un film, ce n’est plus le cas aujourd’hui, quand les cinéphiles exigent des coups de théâtre, des dilemmes moraux et des méchants intéressants.

Pire, les scénaristes saupoudrent ici et là quelques indices sur l’origine de la malédiction et les plans machiavéliques des deux frères. Dans un vrai bon film d’horreur, tous les éléments tomberaient en place vers la fin, dans un beau moment de grâce.

Malheureusement, ce n’est pas le cas dans No One Gets Out Alive, la tentative étant brouillonne et extrêmement mal développée. En fait, ça frôle l’amateurisme.

À éviter.

(Une étoile et demi sur cinq)

 

Midnight Mass

Mike Flanagan frappe encore. Celui qui s’impose de plus en plus comme LA nouvelle voix de l’horreur au cinéma et à la télévision livre la marchandise – et pas à peu près – dans l’excellente série Midnight Mass (Netflix).

Au cours des dernières années, le cinéaste âgé de 45 ans nous a offert quelques excellents films d’épouvante comme Oculus (2013), Hush (2016) et Gerald’s Game (2017), en plus de tourner la très attendue – mais décevante – suite à The Shinning, Doctor Sleep (2019).

Flanagan s’est également distingué à la télévision, créant et filmant une des meilleures séries d’horreur du millénaire, The Haunting of Hill House (2018).

Dans Midnight Mass, le cinéaste américain nous transporte dans une petite communauté insulaire – filmée au large de Vancouver – très pieuse dont la survie est menacée par l’exode rural et la baisse des stocks de poisson.

La très tranquille vie des habitants de Crockett Island est bouleversée par le retour d’un des siens, Riley (Zach Gilford), qui a passé les quatre années précédentes en prison.

Un nouveau prêtre fait aussi son arrivée sur l’île, après que le précédent ait été victime de problèmes de santé. C’est alors que des phénomènes étranges commencent à se produire. Certaines personnes rajeunissent. Et une paraplégique recommence à marcher…

L’explication de ces phénomènes risque de beaucoup vous surprendre!

D’une durée de sept heures et demie, la série demande beaucoup de patience. Les dialogues sont nombreux et ce n’est qu’à la fin de la troisième heure que les choses commencent à s’expliquer. Et l’horreur ne frappe qu’au dernier épisode.

Midnight Mass est une superbe fresque atmosphérique, magnifiquement bien écrite, portée par des personnages attachants et très bien développés.

Gilford est excellent, tout comme la zélote Samantha Sloyan, mais pas autant que l’époustouflant Hamish Linklater (photo), dans le rôle du prêtre, qui nous offre une performance d’anthologie.

Midnight Mass épate toutefois pour son traitement de la religion – et de son hypocrisie. J’ai été soufflé par la profondeur et la pertinence de certaines des réflexions.

À voir avec l’esprit ouvert, le désir de se poser des questions et d’assister à un moment de télé comme il s’en fait malheureusement trop peu.

(Quatre étoiles et demi sur cinq)

 

Doogie Kamealoha, M.D.

Disney adapte beaucoup plus qu’il n’invente depuis quelques années et la série Doogie Kamealoha, M.D. (Disney+) en est un autre exemple.

Mise à jour de la série culte Doogie Howser M.D. de la fin des années 1980, Doogie Kamealoha, M.D. raconte l’histoire d’une adolescente prodige qui pratique la médecine dans un hôpital de Hawaï.

Comme Doogie Howser, Lahela Kamealoha (Peyton Elizabeth Lee – à droite dans la photo -, un des jeunes visages moussés dans plusieurs séries Disney) vit encore chez ses parents et fait face aux défis de l’adolescence, bien qu’elle puisse prescrire des médicaments sans avoir l’âge de consommer de l’alcool.

Le premier épisode de la nouvelle série est d’ailleurs un hommage à l’épisode inaugural de la série originale alors qu’en plein examen de conduite, Lahela intervient auprès d’un cycliste gravement blessé – et lui sauve évidemment la vie.

L’ensemble est très léger – pour ne pas dire superficiel, les «défis» personnels de Lahela – ses amours, ses amitiés, ses relations avec ses parents – étant les mêmes que ceux qui sont au coeur de pratiquement tous les films ou séries qui mettent en vedette un adolescent.

D’ailleurs, le thème du médecin prodige qui n’est pas le plus adapté dans la vie de tous les jours n’a absolument rien de nouveau. Cet angle a abondamment été utilisé ces dernières années dans des séries comme The Good Doctor, House et Grey’s Anatomy.

Il est de plus difficile de croire que Lahela puisse être si anxieuse face aux garçons et si affectée par le fait que sa mère ne veuille pas lui prêter sa voiture quand on la voit si à l’aise, déterminée et sûre d’elle dans son rôle de médecin…

Bref, côté subtilité et crédibilité, ça rase la moquette.

Heureusement, il y a tout un tas de personnages secondaires qui rendent l’écoute agréable. À commencer par Steph (Emma Meisel), extrêmement drôle dans le rôle de la meilleure amie de Lahela.

Jason Scott Lee, le père de Lahela, est aussi très drôle. Et j’admets que Lahela elle-même est assez attachante.

Doogie Kamealoha, M.D. est donc une série plus humoristique que dramatique, qui n’offre rien de bien original dans ce qui est un divertissement plutôt correct, sans plus.

(Deux étoiles et demi sur cinq)

 

À surveiller

No Time to Die
(en salles vendredi)
Vingt-trois mois après sa date de sortie originale, le 25e film de la saga James Bond débarque au cinéma. Cinq ans après les événements du dernier film, l’agent 007 (interprété une dernière fois par Daniel Craig) doit élucider la disparition d’un scientifique et affronter un méchant (Rami Malek) qui planifie de tuer des millions d’innocents.

There’s Someone Inside Your House
(sur Netflix mercredi)
Adapté d’un roman à succès du même titre, ce film d’horreur réalisé par Patrick Brice – le génie derrière Creep (2014) – raconte l’histoire d’un groupe d’adolescents pris en chasse par un tueur qui espère exposer leurs sombres secrets. Avec Sydney Park (Cyndie dans la série The Walking Dead).

15 Minutes of Shame
(sur Crave jeudi)
Coproduit par Monica Lewinski, ce documentaire s’intéresse au phénomène de l’intimidation en ligne. Il s’intéresse notamment aux conséquences à long terme sur le psyché de l’intimidé ainsi qu’au rôle que joue cette pratique toxique dans la fortune des médias sociaux comme Facebook.

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