En démocratie, les citoyens sont les maîtres et les élus leurs serviteurs. En affaires, les actionnaires sont les maîtres et les gestionnaires leurs serviteurs.

Les gestionnaires des sociétés cotées en bourse sont tenus de divulguer publiquement et en temps opportun leurs résultats financiers sur une base trimestrielle. Ils ont également l’obligation de divulguer en temps opportun toute information d’importance. La raison est bien simple: en tant que propriétaires, les actionnaires doivent tous avoir accès dès que possible et en même temps à toute information susceptible de faire bouger le cours de leurs actions.

En d’autres mots, les gestionnaires d’entreprises publiques ne peuvent choisir de retenir de l’information simplement parce que cela ne fait pas leur affaire de la divulguer dès que possible. Ils doivent en tout en temps agir dans l’intérêt des actionnaires, même si cela les empêche d’obtenir des primes de rendement ou quelconque autre avantage personnel.

En démocratie, le même principe doit s’appliquer. Les citoyens doivent avoir accès toute information publique en temps opportun. La confidentialité et la non-divulgation sélective devraient être des exceptions prescrites par la loi.

Comme l’argent est le nerf de la guerre, ce principe vaut d’autant plus pour les finances publiques. Il est dans l’intérêt de toutes et de tous d’être tenus au courant en temps opportun de tout développement majeur afin de pouvoir débattre de manière éclairée de la gestion financière de l’État. Il va sans dire que la teneur du débat public ne sera pas la même si le gouvernement nous annonce un déficit majeur pour l’année en cours que s’il nous annonce un important surplus.

On se rappellera qu’un déficit majeur (245 millions $) est précisément ce que nous annonçait le ministre des Finances Ernie Steeves en mars dernier. Or, comme je l’ai expliqué dans ma chronique de la semaine dernière, il y a de bonnes raisons de croire que la situation financière du gouvernement serait bien meilleure que ne le suggérait le ministre il y a six mois.

Après chaque trimestre, le gouvernement fournit une mise à jour sur l’état des finances publiques. Au cours des cinq dernières années, la mise à jour sur le premier trimestre (qui se termine le 30 juin) nous a été offerte aussi tôt qu’en juillet et au plus tard en septembre.

Or, en fin de semaine, nous avons pu lire dans l’un des quotidiens de Brunswick News que le gouvernement provincial aurait annoncé, puis annulé abruptement, une conférence de presse et un breffage technique qui devaient avoir lieu le 2 septembre dernier pour discuter des résultats financiers du premier trimestre.

Dans le monde des affaires, il est difficile d’imaginer qu’une entreprise se comporte ainsi sans que cela ne produise un tollé auprès de ses actionnaires. Et il est encore plus impensable qu’un mois plus tard, celle-ci n’aurait pas encore daigné s’expliquer.

La divulgation des résultats financiers devrait être un exercice routinier. Les chiffres devraient être publiés dès que possible une fois que ceux-ci sont disponibles.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a anguille sous roche. En effet, il est difficile d’imaginer comment des fonctionnaires, connus pour leur prudence, pourraient choisir d’annoncer une date pour la tenue d’une conférence de presse et d’un breffage technique alors même que les chiffres n’étaient pas prêts. Qui plus est, comme on vient de le voir, dans le passé, on a déjà annoncé ces chiffres en juillet.

Quand on n’a rien à cacher, on peut facilement s’expliquer. Il est grand temps que le gouvernement de Blaine Higgs nous dise pourquoi il nous garde dans le noir sur l’état des finances publiques.

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