Jeudi dernier, le Canada soulignait sa première Journée nationale pour la vérité et la réconciliation. Cette nouvelle journée se voulait une occasion de réflexion sur les torts causés aux peuples autochtones par le passé, en particulier le legs des pensionnats autochtones. Le premier ministre, Justin Trudeau, celui-là même qui a créé cette journée nationale, était ce jour-là dans l’avion vers Tofino, où il allait passer des vacances.

Cette décision a été rapidement jugée comme une grave erreur de jugement de sa part.

Ce mercredi, M. Trudeau s’est excusé publiquement de s’être rendu à Tofino plutôt que d’aller visiter la Première nation Tk’emlúps (Kamloops) qui l’avait invité à participer à un événement près de son ancien pensionnat. Il a promis qu’il rendrait visite à cette communauté bientôt.

Le premier ministre aura l’occasion de se racheter en matière de réconciliation lors du prochain parlement. Et le tout commencera par le choix des individus responsables de ces dossiers au sein de son prochain cabinet.

Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, semble réellement investi dans son poste. Entre autres, il a pris des leçons afin d’apprendre le kanien’kéha, la langue du peuple mohawk, présent sur le territoire de sa circonscription. Force est toutefois de constater que malgré ses efforts, il a échoué à remplir la promesse phare de son parti d’assurer l’accès à l’eau potable sur toutes les réserves autochtones avant mars 2021. En date d’aujourd’hui, il reste toujours 45 d’avis d’ébullition.

La ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, a un bilan tout aussi mitigé. Elle a souvent été interpellée par la directrice générale de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, Cindy Blackstock, pour la décision du gouvernement de contester l’indemnisation d’enfants autochtones retirés de leur famille, ordonnée par le Tribunal canadien des droits de la personne (TCDP). Le 29 septembre, la Cour fédérale déboutait le gouvernement fédéral dans cette affaire. Les néo-démocrates somment maintenant le premier ministre de démettre Mme Bennett de ses fonctions.

Enfin, le ministère des Pêches, laissé vacant depuis la défaite de Bernadette Jordan dans South Shore-St. Margaret’s, sera un autre poste important pour les enjeux autochtones, considérant le conflit qui plane encore sur la pêche au homard en Nouvelle-Écosse. Le poste est habituellement octroyé à un membre du caucus de l’Atlantique, mais le chef de la communauté de Sipekne’katik, Mike Sack, demande que le ou la prochaine ministre des Pêches ne soit pas de la région, afin de dépolitiser la gestion de la crise.

Toutefois, le dossier de la réconciliation avec les peuples autochtones, si on souhaite qu’il soit réellement une priorité, ne peut pas être la responsabilité que d’une poignée de ministres. Il faut que le cabinet au complet mette la main à la pâte. Le voyage de M. Trudeau, s’il n’augure rien de bon pour les signaux provenant du haut de la hiérarchie du Parti libéral, pourrait avoir l’effet de fouetter ses troupes.

Après tout, personne ne veut laisser comme legs politique d’avoir surfé sur l’enjeu de la réconciliation.

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