Il y a de ces histoires toutes simples qui nous ramènent à l’essentiel. D’abord le nouveau roman de Francine Ruel sur la transmission du savoir et puis le plus récent album de Daniel Léger, Blues et cowboy.

Le promeneur de chèvres, Francine Ruel

Avec ce nouveau roman de Francine Ruel, on nage plutôt dans le bonheur. Cette œuvre qui aborde la passation du savoir et l’importance du legs nous ramène un peu aux valeurs essentielles de la vie.

Si son livre précédent, Anna et l’enfant-vieillard, sur le parcours difficile d’une mère et de son fils itinérant était immensément troublant, cette fois, elle nous offre une œuvre plus légère empreinte de philosophie.

Un récit sensible, intimiste qui nous transporte au-delà de la pandémie et qui fait du bien à lire.

Gilles qui était guide touristique a vu sa vie complètement basculer à la suite de la crise sanitaire. Le jeune Montréalais a tout perdu, son emploi et son appartement. Il se retrouve donc à la rue dans un campement de sans-abris, mais la ressemblance avec Anna et l’enfant-vieillard s’arrête là.

Henri, le grand-père de Gilles qui élève des chèvres à la campagne, a décidé de sauver son petit-fils. Il ira donc le chercher en ville pour le ramener sur sa ferme un peu contre son gré. Très réticent au départ, le jeune citadin prend goût peu à peu à la vie à la campagne. Grâce à son aïeul, il apprendra à apprivoiser la vie rurale et les tâches quotidiennes que doit accomplir un chevrier. Henri a envie de transmettre ses connaissances à son petit-fils pour éviter qu’elles ne se perdent après sa mort.

Au fil des saisons, Gilles vient à apprécier cette vie simple près de la nature, ainsi que le travail avec les chèvres qui l’émerveille de plus en plus. Celui qui a parcouru le monde entreprend en quelque sorte un voyage intérieur. Il deviendra ainsi promeneur de chèvres.

Au fil du récit, on découvre aussi plusieurs personnages, dont une pâtissière, Janie Jolicoeur, qui apportera beaucoup de réconfort dans la vie des deux hommes. On assiste aussi à la naissance d’un amour profond. Les personnages de ce livre sont tous des amoureux de la vie, des rieurs, des gens bienveillants.

Il n’y a pas de grands drames qui surviennent dans ce livre, on y découvre plutôt de petites leçons de vie. Il est vrai que lorsqu’on a une bibliothèque et un jardin, on ne se sent jamais seul, comme le souligne l’un des personnages.

Même si le récit peut paraître un peu fleur bleue et prévisible à certains égards, il reste qu’il se lit avec délice. C’est léger et essentiel à la fois.
Invitée au Salon du livre de Dieppe, Francine Ruel, auteure de 16 ouvrages présentera, entre autres, une conférence sur la passation du savoir. Le promeneur de chèvres sort en librairie le 10 octobre. (Libre Expression, 2021). ♥♥♥♥

Blues et cowboy, Daniel Léger

«Permets-moi de me vider le coeur, permets-moi de chanter ma douleur, une simple mélodie, un simple mercredi, troublé comme mon double whisky…», chante Daniel Léger dans la pièce Permets-moi qui ouvre son cinquième album Blues et cowboy. Le chanteur de Saint-Thomas est de retour avec un nouvel opus aux sonorités country bien assumées rassemblant 11 ballades pour la plupart assez introspectives.

Une sorte de journal musical intime pas trop habillé où les textes et les voix sont en évidence. Pour réaliser ce projet, il a collaboré avec le pianiste Mario Robichaud.

«Écoute comme il faut, trois accords et des mots, j’exprime mes feelings/ peux-tu lire entre les lignes». Cet extrait donne le ton au nouvel opus de celui que j’appelle le poète country. Sur quelques accords, l’auteur-compositeur-interprète arrive à raconter des histoires du quotidien avec une certaine poésie. C’est un album tout en douceur, acoustique où le violoncelle croise la guitare de Nashville, apportant ainsi de nouvelles sonorités.

Le moins que l’on puisse dire c’est que Daniel Léger fignole avec soin les mots et les mélodies. L’amour, la solitude, l’espoir, la famille, bref des sujets universels inspirent son écriture un soupçon mélancolique. La chanson Seul ensemble qui réunit aussi Danny Boudreau, Carole Daigle, Josée Vautour et Paul Hébert clôture le disque. Cette pièce composée en 2020 se veut un chant d’espoir en temps de pandémie.

Pas toujours facile de se renouveler en musique, mais avec Blues et cowboy, Daniel Léger réussit son pari. Son disque précédent Groundé était beaucoup plus électrique. L’album complet est maintenant disponible. ♥♥♥½

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