C’est dans la plus grande indifférence que s’est tenue récemment la «141e assemblée générale annuelle» de la Société nationale de l’Acadie. Il faut dire que la SNA n’avait pas, comme le font plusieurs autres organismes acadiens, publicisé dans les divers médias la date et le thème de cette rencontre.

Dans son allocution de départ, la présidente de la SNA a souligné les difficultés de l’organisme avant son arrivée à la tête de celui-ci en 2017. La SNA était à toutes fins utiles une coquille vide aux prises avec de graves problèmes financiers et un manque cruel de personnel. Comment la SNA a-t-elle pu en venir à cet affligeant constat?

Pour sa part, le nouveau président, Martin Théberge, veut dans son mandat «mettre de l’avant la collaboration et la concertation entre les membres de la SNA». Pour lui, «les priorités seront celles que les membres voudront bien apporter à l’organisme.»

Visiblement la SNA semble avoir oublié la raison de son existence et sa singularité. Ses membres devraient prendre connaissance des actes du Forum 1986 qui réunissait plus de 200 Acadiens des quatre provinces de l’Atlantique à Memramcook. Le thème de ce Forum était Pour une Acadie de l’an 2000.

Avec la création des organismes porte-paroles dans les années soixante-dix financés par le gouvernement fédéral, la question de la pertinence et de l’existence même de la SNA s’est posée. La SNA devait-elle disparaître ou se réinventer?

Les participants au Forum ont convenu que la SNA devait promouvoir l’identité acadienne et prioriser la promotion de la langue et de la culture acadienne dans l’ensemble des provinces de l’Atlantique. Étroitement lié au concept d’acadianité, le mandat de la SNA devait comprendre deux volets: la coordination des dossiers interprovinciaux et le développement des relations extérieures avec les pays francophones et le Québec.

Fort de ce mandat la SNA s’est employée à développer des relations bilatérales avec surtout avec la France et la Communauté française de Belgique de même dans une moindre mesure avec les institutions de la Francophonie multilatérale.

Comme plusieurs organismes acadiens tels la société l’Assomption et le mouvement des Caisses populaires, la SNA serait devenue un simple organisme de revendication et non plus une institution fondamentale pour le bon fonctionnement et le développement du Peuple acadien.

Si c’est le cas, la réponse à la question de la pertinence et de l’existence de la SNA qui a été posée à la fin des années quatre-vingt doit être revisitée. Le paysage de la francophonie canadienne et acadienne a bien changé depuis ce temps. L’Acadie s’est enrichie de multiples organismes sectoriels et de défenses des droits linguistiques.

L’organisation d’un autre Forum autour de l’avenir de la SNA est de mise. Le mandat de la SNA tel que défini en 1986 est-il encore valable? Le peuple acadien se reconnaît-il toujours dans cette vénérable institution qui est plus que centenaire?

Si non pour paraphraser Voltaire, l’Acadie peut être heureuse sans la SNA!

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