J’aurais pensé que l’Acadie institutionnelle exploserait de joie à l’annonce que Ginette Petitpas Taylor, une Acadienne, se voyait confier le dossier des Langues officielles. À part quelques communiqués, la réaction a été plutôt banale. Je serais la ministre, j’en serais un peu offusquée!

Si je ne m’abuse, c’est la première fois qu’une Acadienne et donc une personne de l’extérieur du Québec, joue ce rôle. Le fait que la ministre Petitpas Taylor soit aussi nommée ministre responsable de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique (APÉCA) ne gâte rien non plus.

L’Acadie devrait aussi célébrer le fait que 6 membres du Cabinet Trudeau sont des francophones dits «hors Québec». J’inclus à la liste Diane Lebouthillier, élue des Îles-de-la-Madeleine, qui est Acadienne à part entière. Ces élus viennent du Québec, du Nouveau-Brunswick, mais aussi de l’Ontario, du Manitoba et de l’Alberta, là encore, une première.

Soit, ce n’est pas parce que ces ministres sont Franco-Canadiens qu’ils vont se préoccuper des langues officielles et du sort de nos communautés. Ce n’est pas, non plus, parce qu’une Acadienne est chargée de réviser la Loi sur les langues officielles qu’on peut automatiquement s’attendre à monts et merveilles. Il est bien possible, comme l’avance mon amie Stéphanie Chouinard, que ce dossier soit bon dernier dans les priorités du nouveau gouvernement, auquel cas la ministre ne pourra pas grand-chose.

Reste que, nous, Francophones en milieu minoritaire, n’avons jamais eu, potentiellement, autant de pouvoir. Dans toutes sortes de secteurs qui affectent notre vie quotidienne – Finances, Conseil du trésor, Tourisme, Collectivités etc. – siègent des gens qui savent d’expérience et de l’intérieur comment on vit lorsque tout se passe, d’abord et avant tout, en anglais. Il y a là une occasion à saisir. La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (menée, elle aussi, par une Acadienne) ne s’y est pas trompée et a tout de suite affirmé son désir de travailler de près avec un cabinet aussi représentatif de la réalité franco-canadienne.

L’Acadie ne doit pas manquer sa chance. Elle doit se serrer les coudes et se mettre au travail. À en juger par les différents actuels, c’est pas gagné!

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