Ce n’est vraiment pas agréable d’avoir à répéter que les batailles linguistiques ne sont jamais gagnées et qu’on ne doit jamais se laisser aller à la complaisance.

Par exemple, voilà des décennies que les francophones militants ont Air Canada dans le viseur! La majorité d’entre nous avons déjà porté plainte contre le transporteur, certains ont même causé des esclandres, à l’aéroport de Halifax entre autres, pour non-respect des deux langues officielles.

Cette fois, ce n’est ni le personnel au sol ni celui des avions qui nous enragent, mais leur grand patron: celui qui porte un nom français – Rousseau – dont la mère est francophone, l’épouse francophone et qui vit à Saint-Lambert et travaille à Montréal depuis 15 ans. Pour fins de comparaison, notons qu’avant Michael Rousseau, le PDG d’Air Canada était d’origine roumaine et parfaitement bilingue.

Dans une entrevue à la Presse, Michael Rousseau a déclaré sans complexe: «Jusqu’à maintenant (cette question) n’était pas un enjeu. Je ne suis pas un anti-francophone. Je n’ai juste pas eu le temps de l’apprendre.»

Merci de souligner aussi clairement le problème! Être bilingue, quand on représente une entité créée par la volonté et les sous de tous les Canadiens, n’est plus une nécessité, pas plus que de servir les passagers dans les deux langues. Au lieu d’avoir des agents de bord bilingues à bord des avions, va pour des messages enregistrés et, dorénavant, je suppose qu’Air Canada s’exprimera par la voix d’un subalterne bilingue. Ce n’est pas plus compliqué que ça!

Ce que cela prouve c’est, d’abord, la paresse intellectuelle de ce monsieur: comment peut-on vivre à Montréal pendant 15 ans, entourés de francophones et ne parler qu’anglais? Son discours unilingue et sa remarque prouvent aussi, à la fois son désintérêt personnel et l’indifférence de la direction d’Air Canada, envers les langues officielles.

Et le Globe & Mail de souligner, «Le PDG d’Air Canada n’a pas besoin de parler français pour bien faire son travail». Vous croyez? Imaginez donc si ce même PDG ne parlait que français! Deux poids, deux mesures. Comme disait l’autre: «Cent fois sur le métier, remettons notre ouvrage.»

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