On savait que Blaine Higgs était un véritable boulet pour son parti chez les francophones. Aucun candidat progressiste-conservateur n’a pu se faire élire dans le nord de la province lors des dernières élections provinciales. Voilà maintenant que la partie de bras de fer qui opposait Blaine Higgs et le Syndicat canadien de la fonction publique a contribué à plomber le PC vers le bas.

Un sondage de la firme Stratcom du 4 au 6 novembre auprès des résidents du Nouveau-Brunswick indique un fort niveau de non-satisfaction à l’endroit du premier ministre Blaine Higgs. Plus des deux tiers des répondants sont très ou quelque peu non satisfaits. Si des élections provinciales devaient se tenir maintenant, le Parti progressiste-conservateur recueillerait 20,5% des votes alors que les libéraux sont à près de 40%.

Ce coup de sonde confirme la chute dramatique des approbations à l’endroit de Blaine Higgs. L’institut Angus Reid révélait récemment que celui-ci avait perdu 20 points passant de 58 à 38% d’avis favorables lors de son sondage régulier au sujet de la performance des premiers ministres provinciaux.

Sachant que les sondages sont des photos ponctuelles concernant un enjeu ou la popularité d’un chef et de son parti, bien des choses peuvent évoluer d’ici les prochaines élections provinciales prévues en 2024. Si le conflit de travail dans la fonction publique ne laisse pas trop de retombées négatives et que la pandémie de la COVID-19 est bientôt derrière nous, l’humeur de la population pourrait très bien changer.

Entretemps le gouvernement Higgs va présenter ses réformes en santé et dans le secteur municipal. Ces deux grands enjeux peuvent entraîner des répercussions tant positives que négatives pour les progressistes-conservateurs. Fort de sa majorité en Chambre, Blaine Higgs a les moyens de faire adopter ces réformes.

En ayant réglé le conflit qui l’oppose au Syndicat canadien de la fonction publique, le gouvernement Higgs pourra mener de l’avant ses importantes réformes sans comme bruit de fond des milliers de travailleurs sur les piquets de grève et des parents de plus en plus exaspérés par la fermeture des écoles.

Comme tous ses prédécesseurs, Blaine Higgs voudra laisser un legs politique lorsqu’il accrochera ses patins. Les prochains mois et années seront déterminants pour celui-ci. Contrairement aux autres premiers ministres progressistes-conservateurs, Blaine Higgs n’a pas réussi à consolider et encore moins bâtir des ponts avec la communauté francophone.

Il s’est fait élire comme chef du Parti progressiste-conservateur sans l’appui des francophones. Il a réussi le tour de force d’obtenir un gouvernement majoritaire également sans le vote de ces derniers.

Réussir de véritables changements dans les secteurs de la santé et de la gouvernance locale pourrait permettre à Blaine Higgs de faire sa marque dans l’histoire de la province. Il pourrait laisser sa place comme chef du parti progressiste-conservateur d’ici les prochaines élections. Le parti pourrait dénicher un leader qui saurait aller à la rencontre de la communauté francophone et rétablir les liens qu’avait tissés patiemment Richard Hatfield.

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