En cette grisaille automnale, je vous propose deux œuvres pleines de chaleur. Un beau récit sur la famille d’Édith Bourget et puis le retour sur disque du chanteur et poète rebelle Bernard Lavilliers.

Belle famille Malik!, Édith Bourget

Riche et coloré, ce nouvel album jeunesse d’Édith Bourget, joliment illustré par Sara Gagnon-Dumont, traite de la famille et des liens entre sœurs et frères. L’histoire tourne autour de Malik, l’aîné d’une famille de cinq enfants. Un peu grognon, Malik a le sentiment de se retrouver trop souvent à jouer le rôle de parent. Il se fait réveiller souvent la nuit par son petit frère qui fait des cauchemars, tandis que ses frères jumeaux Bachir et Kamel, deux tornades plutôt turbulentes, exigent une attention constante de sa part à la maison tout comme à l’école. Sa petite sœur, bébé Yasmina, qu’il adore, a parfois des coliques. Pas toujours facile d’être l’aîné d’une grande famille, même s’ils les aiment tous énormément. Autonome et responsable, Malik qui a presque 10 ans aimerait bien parfois être un petit peu plus libre. Ça bouge beaucoup à la maison.

À l’école, l’enseignante Madame Alice demande aux élèves de parler de leurs frères et soeurs. Ça tombe bien puisque Malik a plusieurs histoires à raconter. Ainsi, le garçon découvrira qu’il y a toutes sortes de famille, certains de ses camarades sont enfants uniques, d’autres sont venus de très loin pour être adoptés. Il constate que chacune des familles a ses défis et qu’il n’échangerait jamais la sienne. Sur le chemin du retour, Malik a très hâte de retrouver sa petite sœur et toute sa famille.

Le récit est touchant, sensible et déborde d’amour. Une histoire de famille et d’école à hauteur d’enfants. Les personnages sont attachants. De plus, le récit porte sur une classe multiethnique, mettant ainsi en relief la diversité des cultures. Un récit attrayant pour les lecteurs débutants. Les illustrations inspirent la douceur. Ce n’est pas une aventure rocambolesque, mais plutôt un récit aux allures d’une chronique sur la vie scolaire et familiale. Bref une histoire ensoleillée. L’auteure et artiste-peintre d’Edmundston a publié plus de 30 livres jeunesse. La couleur des mots et la beauté du monde se reflètent dans ses œuvres. (Québec-Amérique, 2021). ♥♥♥½

Sous un soleil énorme, Bernard Lavilliers

Pour son 22e album, le chanteur de Saint-Étienne dans le sud de la France, passé maître dans l’art du métissage musical, a eu envie de chaleur humaine. Celui qui parcourt le globe avec sa musique depuis près de 50 ans livre une œuvre aux rythmes chaleureux et nuancés.

«J’entends le coeur du monde battre de plus en plus fort, celui des multitudes et de la solitude/ je croise de plus en plus la haine, la peur, la mort, c’est presque une attitude, ça devient l’habitude…», ainsi s’ouvre ce nouvel opus avec la chanson Le coeur du monde. Au milieu des violences, des révolutions, de la corruption, des changements climatiques, de la crise sanitaire et de la fragilité du monde, se pointe aussi l’espoir. Onze pièces sur des mélodies voyageuses influencées par les musiques du monde, les rythmes latins et le jazz qui témoignent d’une soif de vivre et d’un parcours atypique.

Le thème du voyage est toujours bien présent. Il faut dire que Bernard Lavilliers a la fibre voyageuse, attiré, entre autres, par l’Amérique latine. Cette fois, il a mis le cap sur l’Argentine. «Les voyages, il y a ceux que l’on fait et ceux que l’on imagine.»

Avec ce disque, on retrouve sa voix profonde, chaleureuse, son engagement et les thèmes qui lui sont chers. Peut-être un peu moins révolutionnaire que dans le passé, l’ancien boxeur et auteur du célèbre Les barbares s’est quelque peu apaisé. Si vous ne le connaissez pas encore, je vous encourage à découvrir ce poète et musicien hors du commun qui pose un regard unique sur l’humanité où se croisent la poésie, l’intime et le politique. D’autres voix se joignent à celle de Bernard Lavilliers, dont celle de Gaétan Roussel (Louise Attaque), sur la pièce Qui a tué Davy Moore?, qui revisite la version française d’un titre de Bob Dylan sur la mort d’un boxeur américain en plein combat.

C’est du très bon Lavilliers. Un album particulièrement réussi qui se termine sur L’ailleurs; une chanson romantique bercée par le piano et les cordes. À écouter les yeux fermés. ♥♥♥♥

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