J’ai toujours été consciente que les hommes peuvent eux aussi se retrouver dans une relation toxique et dangereuse, mais je n’avais jamais réalisé l’ampleur de la question avant de faire quelques recherches.

Lorsqu’on parle de violences conjugales et familiales, on pense souvent à l’homme comme étant l’agresseur et la femme, la victime. Un réflexe qui provient du fait que davantage de femmes sont victimes de violences de la part de leur conjoint, que le contraire.

Selon un rapport de Statistiques Canada paru en 2016, les femmes demeurent deux fois plus nombreuses à subir des blessures graves de la part de leur partenaire. Par grave, on parle d’agression sexuelle ou encore d’avoir été battue, étranglée ou menacée avec une arme.

Mais qu’en est-il des hommes hétérosexuels maltraités par leur partenaire?

Selon Statistiques Canada, les conjoints (hommes) sont trois fois et demie plus nombreux que les femmes à avoir subi des voies de fait, comme des coups de pieds, des morsures ou des coups à l’aide d’un objet qui n’est pas une arme.

C’est tout de même un nombre significatif d’hommes qui vivent des violences conjugales au sein de leur cocon familial et pourtant, c’est un enjeu qui n’apparaît que très rarement dans le jargon social.

On peut croire que c’est la perception de leur rôle dans la société qui les restreint dans leur quête de la justice: un homme, qui se doit d’être fort et solide dans son rôle masculin, se sentira-t-il confortable de demander de l’aide pour se défendre contre une femme?

Selon l’Agence de la Santé publique du Canada, la violence psychologique infligée à ces hommes se caractérise souvent par des cris, des insultes, de la manipulation ou encore le contrôle des contacts de la victime avec ses proches.

De plus, le rapport démontre que les femmes aussi ont recours à la violence corporelle dans plusieurs situations: les hommes questionnés dans le rapport avaient souffert d’ecchymoses, d’écorchures, de côtes cassées, de lésions, dont certaines aux parties génitales, de traumatismes crâniens mineurs et de lésions internes.

Et ces femmes n’ont pas besoin d’avoir les muscles de leur conjoint pour les blesser, elles utilisent ce qui leur passe sous la main, comme un cintre, un chaudron, une paire de ciseaux ou même un rouleau à pâtisserie.

L’étude explique que les femmes qui ont vécu de l’abus durant leur enfance ou qui vivent des problèmes affectifs durant leur vie adulte sont plus susceptibles d’avoir recours à la violence au sein de leur couple.

On note aussi que les partenaires qui traversent des périodes de changements – comme l’arrivée d’un enfant, un déménagement, la fin des études postsecondaires ou même encore, la retraite – sont beaucoup plus à risque d’être touchés par des épisodes de violences.

Au Canada, tous sexes confondus, ce serait plus de 70% des incidents de violences conjugales qui ne sont pas dénoncés aux autorités, ce qui veut dire que des millions de personnes vivent toujours dans l’ombre de la peur.

Qu’elle soit perpétrée par un homme ou par une femme, la violence n’a pas sa place dans un couple. Brisons le silence aujourd’hui et dénonçons les gestes qui ont le mérite d’être punis, qu’ils aient été perpétrés par un homme ou une femme.

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