Après l’exercice ronflant mais nécessaire du discours du Trône ayant eu lieu plus tôt cette semaine, nous savons désormais quelles seront les grandes priorités du gouvernement Trudeau. Pas de grande surprise ici: les thèmes tout droit sortis de la dernière campagne électorale de l’automne dernier que sont la relance économique, l’environnement, et la réconciliation avec les peuples autochtones ont reçu la part du lion dans cet énoncé.

Mais alors que plusieurs des grandes lignes de ce discours pourraient plaire aux Néo-Brunswickois, les décisions récentes du gouvernement de Blaine Higgs ne vont pas toujours dans le sens des visées du fédéral.

Ottawa a promis de s’attaquer à l’enjeu du logement abordable. Le Nouveau-Brunswick est la province au pays où le prix des maisons a augmenté le plus rapidement dans la dernière année, avec une hausse de près de 25% par rapport à 2020. La situation n’est pas plus rose pour les locataires, qui ne sont protégés par aucun plafond sur l’augmentation des loyers.

Les propriétaires de blocs-appartements, pour leur part, blâment la «double imposition», pourtant diminuée de moitié en 2020, pour justifier des augmentations souvent déraisonnables des loyers mensuels. Le logement est un domaine qui nécessite une action concertée des paliers fédéral, provincial, et municipal, pour mettre en œuvre des politiques aux effets concrets; le fédéral à lui seul ne pourra pas y trouver de solution. Fredericton sera-t-il prêt à mettre l’épaule à la roue – et à laisser une marge de manœuvre à ses villes – dans ce dossier?

Même son de cloche sur les places de garderies. Il ne reste que deux provinces, le Nouveau-Brunswick et l’Ontario, à donner du fil à retordre au fédéral dans ce dossier. Il y a néanmoins peu de doute sur l’intention de Doug Ford de continuer à presser le citron d’Ottawa… jusqu’à la signature éventuelle d’une entente bilatérale, avant les élections qui l’attendent en juin prochain. S’il compte se maintenir au pouvoir, il ne résistera pas face à cette mesure ultra-populaire dans la province où une place de garderie frôle les 1800$ par mois. Reste à voir combien de temps Blaine Higgs fera cavalier seul en refusant de coopérer avec Chrystia Freeland, envers et contre les familles de sa province.

On pourrait continuer: sur l’environnement comme sur la réconciliation avec les peuples autochtones, les vœux (peut-être pieux, me direz-vous) du fédéral sont loin de s’aligner avec les actions de la province.

Pour sa part, la Loi sur les langues officielles a été reléguée à la page 20 du discours du Trône de mardi. Sa modernisation n’est désormais plus une priorité du gouvernement selon les dires du leader de la Chambre, Mark Holland, malgré les promesses maintes fois répétées de voir un projet de loi redéposé «dans les 100 premiers jours» du nouveau gouvernement libéral. Voilà donc un dossier sur lequel le fédéral et la province semblent être dans le même état d’esprit: user la patience des francophones jusqu’à la corde.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle