Logements locatifs, une responsabilité sociale

Les propriétaires de logements ont beaucoup de pouvoir sur le quotidien des gens et des familles qui forment leur communauté.

Certains sont devenus un noyau inestimable dans leur ville respective et sont reconnus pour être des gens de confiance vers qui on peut se tourner.

Mais beaucoup d’entre eux n’acceptent pas les familles et les enfants et préfèrent ne pas louer leur logement aux jeunes et aux étudiants.

Les personnes âgées, les Autochtones et les citoyens racisés passent souvent au deuxième rang.

Et oubliez les chiens, les chats et toutes autres créatures animales qui sont, pour la plupart du temps, proscrits dans les logements locatifs.

Lorsqu’on loue un chez-soi, on est aussi à la merci du propriétaire: s’il décide de garder votre dépôt de garantie pour des raisons qui ne tiennent debout ou encore qu’il entre chez-vous sans avertissement, vous n’aurez pas énormément de recours.

Oubliez le gouvernement pour vous protéger, nous ne sommes pas au Québec (où le secteur est beaucoup plus légiféré et où exiger un dépôt de garantie est illégal).

L’Enquête sur les logements locatifs a d’ailleurs démontré qu’après l’Ontario, c’est le Nouveau-Brunswick qui a enregistré la plus forte hausse des prix des résidences locatives au Canada.

«Le marché du logement est devenu un moyen rapide de faire de l’argent», indiquait à Radio-Canada le sociologue Matthew Hayes en septembre dernier.

Avoir accès à un logement sécuritaire et salubre est pourtant un besoin primaire, que l’on soit jeunes, vieux, beaux, laids, pauvres ou riches.

Le fait qu’il soit abordable ne devrait pas être un coup de chance, mais plutôt la preuve que nous sommes une communauté qui se tient ensemble et qui ne tente pas de profiter financièrement de l’un et de l’autre.

Il est incroyable tout de même de constater que les personnes en situation précaire sont souvent celles qui ont le plus de difficultés à se trouver un logement abordable.

Selon la Fédération canadienne des municipalités, près d’un locataire canadien sur deux utilise plus de 30% de son salaire pour payer son logement.

Et bien que ce ne soit pas un problème qui date d’hier, l’accessibilité aux logements est une situation qui ne cesse de s’aggraver dans la province, le taux d’inoccupation au Nouveau-Brunswick frôlant les 3% en 2020 selon Statistiques Canada.

En d’autres mots: on manque de logements dans la province et ceux qui sont sur le marché ne répondent pas aux besoins financiers de ceux qui cherchent à louer.

Et c’est un problème qui nous affecte tous de façon indirecte.

Qui voudra emménager au Nouveau-Brunswick s’il n’y a pas de place pour habiter notre propre monde?

Comment pouvons-nous contribuer financièrement à notre économie locale si nous n’avons même pas les moyens de payer notre logement?

Combien de couples abandonneront leur rêve de fonder une famille parce qu’ils ne réussissent déjà pas à joindre les deux bouts?

La course aux logements est plus qu’un souci individuel, c’est un problème de société.

Je sais que «tout coûte plus cher» et que les propriétaires tentent de suivre la courbe en augmentant les prix de location.

Je suis consciente que s’occuper de plusieurs locataires est un travail parfois pénible et difficile et qu’il est primordial pour les propriétaires d’assurer un revenu stable et juste.

Mais je crois qu’on ne peut pas répondre à un besoin aussi primaire que le logement en ayant pour seule intention de faire du profit… sinon, on a peut-être choisi le mauvais secteur d’emploi.

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